Père transgenre, Trystan va bientôt accoucher du bébé de Biff

Père transgenre, Trystan va bientôt accoucher du bébé de Biff

Trystan, 34 ans, enceint de 8 mois, dans sa maison de Portland, en Oregon. | © Facebook @BiffandI

Société

Trystan, née femme puis transgenre, accouche ces jours-ci du bébé de Biff, son mari.

Home sweet home. C’est une petite maison ancienne, rénovée avec beaucoup de couleurs vives. Les murs sont couverts de photos d’enfants, les petites chaussures sont bien rangées dans l’entrée. Riley, 9 ans « et demi » (il tient à le préciser), porte un tee-shirt de sport et vient d’acheter un cadeau pour sa grand-mère, qui va fêter son anniversaire ce soir. Hailey, 7 ans, est ravie de sa journée au musée de la Science et de l’Industrie. Il y a aussi Stella, la chatte tigrée, qui miaule, et Marley, le chien, qui aboie. Tout est archi-classique… sauf, sans doute, les parents.

Oh « Daddy », oh « Dada »

Les enfants les appellent « Dada » et « Daddy ». Dada, c’est Biff, jeune homme aux cheveux rouges de 31 ans. Daddy, c’est Trystan, jeune homme de 34 ans, au ventre très arrondi. Car Daddy est « enceint ». Un mot qui, jusque-là, se déclinait exclusivement au féminin.

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Sous une barbe fournie, il arbore un teint de pêche : « J’ai de la chance. Mis à part les brûlures d’estomac, tout se passe très bien », dit-il d’une voix grave. Il veut bien tout nous raconter. Mais pas nous dire le prénom de son futur bébé, un garçon dont la naissance est annoncée pour le 14 juillet. Ni le sien, celui d’avant, quand il était une femme.

« Homosexuel dans un corps de femme »

Du passé, Daddy a fait table rase : avec fierté, il présente une carte d’identité où est indiqué « sexe : masculin ». À 20 ans, il a choisi de s’appeler Trystan « parce que ça sonnait bien ». Il en a profité pour changer aussi de nom de famille. Ainsi commence sa nouvelle vie. « Quand j’étais au lycée, je disais que j’étais un homosexuel dans un corps de femme. Tous mes amis étaient gay. Puis, à l’âge de 19 ans, j’ai commencé à prendre de la testostérone. Mon corps s’est mis à changer. La barbe est apparue, j’avais l’impression de vivre en même temps une puberté et une ménopause. »

Émotionnellement, c’était très difficile… Mais, au bout de six mois, j’étais un homme.

Avec un pénis ? « La greffe coûte des dizaines de milliers de dollars, avec 50% de chances de devenir incontinent. » Il ne prendra donc pas ce risque. « J’aime mon corps tel qu’il est. »

© Sébastien Micke / Paris Match

> La suite du reportage à lire dans Paris Match Belgique n°827 du 13 juillet 2017.

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