Pourquoi faut-il stériliser tous les chats bruxellois

Le gouvernement bruxellois a adopté ce jeudi 13 juillet la stérilisation obligatoire pour tous les chats. | © Flickr : Gracie Hagen

Société

C’est officiel. Jusqu’à nouvel ordre, tous les chats bruxellois errants et domestiques devront être stérilisés.

Attendue depuis des années, la décision est finalement concrétisée. Le gouvernement bruxellois a adopté ce jeudi 13 juillet la stérilisation obligatoire pour tous les chats.

Si c’est le terme « stérilisation » qui apparaît sur l’arrêté, il comprend également la castration. Tout comme les femelles, les mâles devront passer sur le billard et ce à partir du 1er janvier 2018. En stérilisant tous les chats âgés de plus de six mois, la nouvelle législation entend lutter contre la surpopulation des chats errants et réduire drastiquement le nombre de chats tués, abandonnés ou euthanasiés.

Trop de chats, tue le chat

Initiée par la Secrétaire d’État Bianca Debaets, la décision a été aussitôt applaudie par l’association de défense animale GAIA, qui salue une initiative « résolument progressiste en faveur des chats ». Pour l’association, c’est que l’urgence était de mise.

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« Trop de chats, tue le chat. » Ces avec ces mots forts que l’association de protection animale tente depuis plusieurs années de sensibiliser les citoyens en revendiquant l’obligation légale de stériliser ou de castrer les chats, errants ou domestiques. Surpopulation de chats errants, foyers débordés : la question suscite de nombreux problèmes, qui visent notamment le bien-être animal. « À l’heure actuelle, il y a davantage de chats abandonnés que de chats adoptés », déplore Anne De Greef, directrice de GAIA. « Tant que c’est le cas, il est absolument nécessaire que les Bruxellois stérilisent ou castrent leurs chats pour rééquilibrer la balance. »

Suivant l’exemple de la Wallonie – qui oblige déjà les particuliers à stériliser leurs chats -, Bruxelles est une victoire supplémentaire « tant pour les associations que pour les refuges », précise Mme De Greef, qui espère que la Flandre passera bientôt à l’action.

Les refuges en première ligne

Chaque année, plus de 10 000 chats y sont euthanasiés, recense l’association, faute de place dans les refuges. Surpeuplés, les foyers d’accueil ne peuvent plus faire face à l’afflux de chats abandonnés ou trouvés.

Pendant les périodes de reproduction – du mois de mai à la fin septembre – les femelles peuvent avoir des portées de six chatons en moyenne et ce trois fois par an. « On récupère des chatons que les gens nous amènent, soit parce que leur chat a eu une portée, soit parce qu’ils ont été trouvés dans la rue ou dans les bois », explique-t-on au refuge de Veeweyde à Anderlecht. « Tous les jours en été, on peut en recueillir environ une dizaine. C’est énorme ! »

Aucun refuge n’a assez de place pour ce phénomène qui se répète d’année en année.

Pour GAIA, ces « statistiques tragiques » ne tiennent pas compte des chatons non désirés, dont on se débarrasse froidement dans les ménages. Un phénomène qui touche particulièrement les chats, davantage que les chiens pour qui la stérilisation n’est pas obligatoire. « La spécificité physiologique des chats femelles est qu’elles peuvent mettre bas tous les quatre mois », explique le refuge bruxellois. « Elles sont fertiles très tôt et peuvent, dès sept ou huit mois, avoir des chatons. »

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Au sein des refuges, « on espère que la nouvelle législation portera ses fruits », malgré des interrogations qui persistent sur la mise en application et le contrôle de ce nouvel impératif. Si la loi prévoit des exceptions pour les éleveurs de chats de race ainsi qu’une période transitoire prévue pour tous les chats nés avant 2018, chaque propriétaire sera prié de se plier à un règlement « stricte et sévère » même si dans un premier temps, « il s’agira davantage d’avertissements que de sanctions », tempère Mme De Greef.

© CHRISTOPH SCHMIDT/dpa

Le chat européen, en voie de disparition ?

Si certains considèrent la décision comme exagérée, voire trop radicale, d’autres s’inquiètent de voir disparaître le chat européen. La stérilisation et la castration généralisée des chats pourrait en effet entraîner la perte de l’espèce. Une éventualité « qui n’arrivera jamais », assure-t-on au refuge Veeweyde. « On est encore très loin d’un tel scénario. »

Le chat européen ne va pas disparaître parce que la stérilisation est obligatoire, c’est impossible.

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Des chats européens,« il y en aura toujours », rassure la directrice de GAIA, soulignant qu’aussitôt que la balance entre adoptions et abandons sera rééquilibrée, envisager un assouplissement de la loi serait possible, notamment pour « éviter que la race du chat européen soit menacée », conclut-elle.

 

 

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