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L’ancien « Bon Bon » et Châteauneuf-du-Pape, prochains terrains de jeu du chef Hardiquest

Christophe hardiquest

Le chef Christophe Hardiquest. | © BENOIT DOPPAGNE

Société

Christophe Hardiquest ouvrira mi-novembre un restaurant gastronomique « plus petit, plus connecté » dans l’ancien « Bon Bon »**, situé à Woluwe-saint-Pierre et dont il vient de fermer les portes fin juin, a-t-il confié mercredi à l’agence Belga. Le chef bruxellois va également reprendre les fourneaux de « La Mère Germaine »* à Châteauneuf-du-Pape, en Provence.

S’il avait initialement émis l’intention de clore définitivement le florissant chapitre « Bon Bon », Christophe Hardiquest a finalement racheté le reste des parts de son ancienne adresse de l’avenue de Tervuren pour y rouvrir un « resto plus exclusif », qui proposera 22 places assises, pas plus. « Ce sera u n autre concept, qui tournera autour du vin, et qui aura un nouveau nom », assure-t-il. Les travaux débuteront à la mi-août et l’établissement devrait ouvrir mi-novembre, tous les soirs et le vendredi midi.

Par ailleurs, à partir du 3 août, le toqué d’origine liégeoise s’appropriera l’identité de la cuisine provençale contemporaine en posant ses couteaux chez « La Mère Germaine ». Une adresse située à Châteauneuf-du-Pape, berceau de l’une des appellations les plus prestigieuses des Côtes du Rhône, qui a en son temps affiché deux étoiles au Michelin.

Considérée comme l’une des « mères lyonnaises », Germaine Vion a d’abord officié à l’Élysée pour le président de la République française. Après avoir racheté l’hôtel Bellevue sur la route de la Provence pour y créer « La Mère Germaine » en 1922 – l’établissement fêtant dès lors son centenaire cette année -, la cuisinière de renom décroche sa première étoile en 1950 et voit passer à sa table nombre de comédiens et artistes, Gabin ou Fernandel en tête, en route vers le Midi.

Les propriétaires actuels des lieux, Arnaud et Isabelle Strasser, ont racheté la bâtisse en 2019 et l’ont entièrement rénovée. Fidèle client de feu « Bon Bon », le couple belgo-français, également propriétaires de vignobles dans la région, a proposé à Christophe Hardiquest d’intégrer leurs cuisines chateauneuvoises, apprenant que ce dernier abandonnait son adresse biétoilée centrée sur le terroir belge.

« Le projet enthousiasme Christophe Hardiquest, qui y voit l’opportunité de découvrir un terroir tellement riche, d’imaginer de nouvelles recettes, de proposer de nouveaux menus, de se réinventer? Il accepte sans hésiter d’écrire la suite de l’histoire de La Mère Germaine », relève le communiqué de l’institution provençale. « Celui qui a enchanté l’âme profonde de la Belgique fait le pari de devenir le plus provençal de tous les Belges », note-t-il encore.

Y seront désormais proposés des menus centrés sur les légumes, provenant de producteurs locaux, mais intégrant des « protéines intelligentes », comme aime les appeler Christophe Hardiquest. « Des produits qui font la part belle au bon-sens paysan, durables, et qu’on ne travaille pas forcément souvent, comme la sardine, la sèche… » Pas de touche belge prévue toutefois dans les mets qu’il créera pour l’institution française. « Je veux séparer les identités entre mes deux projets. »

« Je serai physiquement présent à Châteauneuf pour toute la saison. C’est un partenariat que je vois sur le long terme. On est parti pour quelques années. Mais je partagerai en effet désormais mon temps entre la Belgique et la France », avance-t-il.

« Bon Bon » a ouvert ses portes il y a 20 ans, avenue Louise, dans un magasin de meubles, avant de déménager dans un petit bistro de quartier, à Uccle. Très rapidement, en 2004, l’enseigne est flanquée d’une étoile au Michelin. Le chef installe ensuite ses cuisines, en 2011, dans l’ancien restaurant « Les trois couleurs », situé sur l’avenue de Tervuren, à Woluwe-saint-Pierre. Il obtient son deuxième macaron en 2013. Il était en outre le seul, avec le « Hof van Cleve »*** de Peter Goossens, à afficher un 19,5/20 au Gault&Millau.

En janvier dernier, Christophe Hardiquest avait annoncé qu’il fermerait son établissement fin juin. En quête de sens et de renouveau, et assoiffé d’une multitude de projets, il avait déclaré vouloir se reconvertir en « cuisinier nomade ». Depuis le début de la pandémie de coronavirus, le chef s’était lancé dans une réflexion, estimant que la gastronomie et le restaurant de demain devaient pousser à modifier les modes de consommation et miser davantage sur l’humain.

Autre projet en cours de construction pour le chef diplômé de l’école hôtelière de Namur: une adresse, également située en Provence, qui aura l’autoproduction comme fil conducteur durable, souffle-t-il encore.

Avec Belga

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