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Près d’un an après sa mort, Gabby Petito devient le symbole de la lutte contre les violences conjugales

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Gabby Petito, le 12 août 2021. | © AFP PHOTO / Moab City Police Department

Société

Gabby Petito, tuée en septembre dernier par son petit ami qui s’est ensuite suicidé, est devenu le visage de la lutte contre les violences conjugales. Sa famille a annoncé avoir fait un don, en son nom, à une association.

D’après un article Paris Match France de C.R.

Voilà pratiquement un an que Gabby Petito a été tuée. La jeune américaine de 22 ans était en voyage avec son fiancé Brian Laundrie lorsqu’elle s’est volatilisée. Alors que le jeune homme est revenu tout seul chez lui en Floride le 1er septembre, il a fallu attendre plusieurs semaines pour retrouver le cadavre de la victime, dans le Wyoming. Pendant les recherches, Brian Laundrie a lui aussi disparu – il refusait de collaborer à l’enquête – avant d’être découvert mort dans une réserve naturelle de Floride. Des effets personnels lui appartenant, notamment un carnet, ont permis de confirmer qu’il avait tué sa compagne et s’était ensuite suicidé. Jeudi, la famille de Gabby Petito a annoncé avoir fait un don de 100 000 dollars à la National Domestic Violence Hotline, au nom de la victime, rapporte ABC News.

L’association offre des ressources gratuites et un soutien aux personnes souffrant de violences domestiques. «Aucune famille ne devrait ressentir le chagrin que nous avons connu depuis la perte de Gabby», a écrit sa mère dans un communiqué. «Les survivants qui arrivent à s’en sortir doivent pouvoir entrer en contact rapide avec un avocat», a-t-elle ajouté. «Le volume de contacts de la Hotline a presque doublé par rapport à l’année dernière ; en moyenne, nous recevons près de 80 000 appels entrants, chats et SMS chaque mois», a déclaré Katie Ray-Jones, présidente de l’association, dans un communiqué. «Plus que jamais, les survivants ont besoin de validation, de soutien et de planifier leur sécurité, et d’une connexion à des ressources telles que le refuge, l’aide juridique , l’aide économique et les soins de santé. Le généreux don de la Fondation Gabby Petito et tous les dons à notre campagne contribueront à assurer la poursuite de notre travail critique 24h/24 et 7j/7 et nous pourrons nous connecter avec davantage de personnes touchées par la violence domestique».

Au cours de l’enquête, plusieurs éléments ont semblé indiqué que Gabby était victime de violences conjugales. De nouveaux documentés dévoilés en septembre montraient que la mère de Gabby a reçu un étrange message le 27 août 2021 de la part de sa fille. «Peux-tu aider Stan, je n’arrête pas de recevoir des messages mais je loupe ses appels», a-t-elle écrit. La mère a expliqué que Stan était le prénom du grand-père de la jeune fille, mais qu’elle ne l’appelait jamais comme ça. «La mère a commencé à s’inquiéter de quelque chose qui n’allait pas avec sa fille», a écrit l’agent Daniel Alix dans son rapport, cité par le New York Post. «Ce fut la dernière communication avec Gabby. Son téléphone ensuite, a arrêté de fonctionner et elle a cessé de publier sur les réseaux sociaux. Pour sa famille, ce n’était pas normal de sa part», indique encore l’agent. Gabby et son petit ami documentaient en effet leur voyage à travers des vidéos et photos, notamment sur Instagram.

L’erreur de la police

Par ailleurs, durant leur séjour, le couple a fait intervenir la police après une dispute. Filmée par une caméra installée sur un agent, la jeune fille en larmes expliquait souffrir de troubles obsessionnels compulsifs qui affectaient son attitude. La police a raconté avoir interrogé les deux amoureux, qui ont chacun expliqué à quel point la vie en van était compliquée pour eux. «Gabrielle, qui était sur le siège passager, pleurait de manière incontrôlable», a écrit un officier dans son rapport du 13 août. Les agents ont écrit que le couple – tout en luttant contre des problèmes de santé mentale qui auraient conduit Gabby Petito à gifler Brian Laundrie – essayait intelligemment et avec sensibilité de résoudre leurs problèmes. Le jour de leur querelle, Brian a expliqué à la police que sa petite amie était dans un état maniaque et qu’elle l’a giflé parce qu’elle pensait qu’il allait la laisser dans l’Utah sans voiture. «Je ne vais pas poursuivre quoi que ce soit parce qu’elle est ma fiancée et je l’aime. C’était juste une querelle. Désolé, que cela soit devenu si public», déclare Brian Laundrie sur les images de la caméra corporelle de l’agent. Ce dernier indiquait en effet ne pas vouloir donner de suite à cette affaire, parce qu’il «aimait» sa compagne, alors que les agents lui suggéraient de porter plainte contre elle. Leur faisant promettre de se séparer durant quelques heures, les agents étaient alors repartis. Pourtant, au cours de leur rencontre avec le couple, Gabby avait bien elle aussi dit avoir été frappée par Brian Laundrie. «Il a plutôt attrapé mon visage avec ses ongles, je crois que c’est pour ça que j’ai une petite coupure ici. Je peux le sentir quand je touche, ça me brûle», avait-elle dit. En réponse, l’un des deux agents avait estimé que Gabby était victime de ses propres troubles psychologiques. «Ce que vous avez fait aujourd’hui, tous les deux, est le résultat de votre incapacité à gérer vos angoisses et votre anxiété. Mais vous n’avez pas encore assez d’expérience dans la vie pour naviguer à travers tout ça», a-t-il dit.

En janvier, une enquête indépendant a pointé du doigt les erreurs de la police, estimant que les agents n’ont pas su voir que Gabby n’était pas «l’agresseur prédominant à long terme dans cette relation». «Brian a été scrupuleusement examiné, notamment sous ses vêtements à la recherche de blessures, des preuves photographiques ont été obtenues, et il lui a été offert des soins. Rien de tout cela ne semble avoir été proposé à Gabby Petito, même après qu’elle a elle aussi dit avoir été blessée suite à une agression». «Même lorsque Gabby a signalé une dispute qui a causé des blessures, sa déclaration a été entièrement ignorée car les policiers ont semblé fonctionner sous un biais de confirmation qui a influencé la façon dont ils ont interprété les preuves et leur théorie de l’affaire», décrit le rapport.

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