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Mère Teresa : Les héritages et les controverses d’une figure de dévouement

Mère Teresa a dédié sa vie aux démunis. | © COR / AFP

Société

Le 5 septembre 1997, Mère Teresa rendait son dernier souffle. 25 ans plus tard, son héritage est toujours bien présent, entaché de certaines controverses.  

 

Un quart de siècle après sa disparition, son nom résonne toujours comme un symbole de bonté et d’empathie. Mère Teresa était une figure de dévouement. Cette religieuse catholique albanaise s’est naturalisé Indienne. Elle a été béatifiée (on lui a reconnu un miracle) et canonisée (elle est reconnue comme sainte Teresa de Calcutta) par l’Église catholique. En 1979, elle reçoit le prix Nobel de la paix pour avoir fondé les Missionnaires de la Charité, une congrégation religieuse catholique.

Son Œuvre

Mère Teresa était membre des sœurs de Lorette. Mais elle quitte cette communauté enseignante et hospitalière pour « suivre son appel ». Le 10 septembre 1946, au cours d’un voyage en train en Inde où a lieu la retraite annuelle de sa communauté, elle reçoit ce qu’elle appelle « l’appel dans l’appel ». Elle explique ce qui s’est produit alors qu’elle essayait de trouver le sommeil : « Soudain, j’entendis avec certitude la voix de Dieu. Le message était clair : je devais sortir du couvent et aider les pauvres en vivant avec eux. C’était un ordre, un devoir, une certitude. Je savais ce que je devais faire mais je ne savais comment ».

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Elle fonde un an plus tard sa communauté, les Missionnaires de la Charité. Son œuvre auprès des plus démunis commence par l’éducation des enfants des rues. Elle permet d’ouvrir des soupes populaires, des centres d’aide familiale, des orphelinats, des écoles ou encore des maisons d’accueil pour les personnes atteintes de maladies comme la lèpre, le sida ou la tuberculose.

Héritages

Mère Teresa va consacrer sa vie aux pauvres, aux malades et aux mourants pendants près de quarante ans. Son dévouement va dépasser les frontières, exportant dans d’autres pays le développement des Missionnaires de la Charité. Quand elle rend son dernier souffle, le 5 septembre 1997, sa communauté s’occupe de 610 missions dans 123 pays. En 1969, les Missionnaires de la Charité sont reconnues de droit pontifical.

Dès l’abord, j’ai été frappé par l’absolue humilité de son comportement. – Dalaï-Lama

Mère Teresa est considérée par beaucoup de personnalités à travers le monde. Le Dalaï-Lama a notamment affirmé qu’elle est « un être pour qui j’ai le respect le plus profond. Dès l’abord, j’ai été frappé par l’absolue humilité de son comportement. Du point de vue bouddhiste, elle pourrait être considérée comme un bodhisattva ».

Controverses

Lorsqu’elle reçoit le prix Nobel de la paix, Mère Teresa dénonce dans son discours l’avortement. « De nos jours, nous tuons des millions d’enfants à naître, et nous ne disons rien. Prions tous pour avoir le courage de défendre l’enfant à naître et pour donner à l’enfant la possibilité d’aimer et d’être aimé. » Des mots qui feront connaitre cette personnalité empathique en Europe occidentale.

Mère Teresa et le maire de Paris Jacques Chirac, en 1985. (Photo by PASCAL GEORGE / AFP)

Mère Teresa est entière. Elle n’hésite pas tout au long de sa vie à se positionner sur des thématiques controversées. Elle s’oppose non seulement à l’avortement, mais aussi à la contraception et au divorce. La qualité des soins au sein de ses mouroirs sera également vivement critiquée, ou encore sa gestion des dons.

Mais ce qui causera l’émergence de détracteurs, ce sera son refus de se politiser. Elle acceptera de fonder des établissements dans des dictatures ou de recevoir des dons venant de ces dictatures (comme Fidel Castro). Mais Mère Teresa va ignorer toutes ces critiques. Sa seule réaction sera résumée en ces mots : « ce qui compte pour moi, c’est que je puisse m’occuper des pauvres ».

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