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ArcelorMittal : les internautes se mobilisent pour soutenir le chauffeur de camion

Le crassier de Florange, le 8 juin 2017. | © PHOTOPQR/LE REPUBLICAIN LORRAIN/Pierre HECKLER

Société

Début juillet, un sous-traitant de l’entreprise d’Arcelor Mittal Florange témoignait de l’horreur dans une vidéo : 28 mètres cubes d’acide déversés dans le nature. Menacé de perdre son emploi, l’interim peut désormais compter sur le soutien des internautes.

C’était le 4 juillet dernier. Devenue virale, la vidéo a créé l’onde de choc.

En images, le témoignage glaçant d’un chauffeur de camion, intérimaire dans une entreprise sous-traitante de l’usine ArcelorMittal de Florange, affirmant avoir été contraint de déverser de l’acide usagé dans le crassier de Marspich pendant trois mois.

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Résultat : 28 mètres cubes d’acide balancés en pleine nature plutôt que d’être envoyés au centre de recyclage. Les yeux rougis, on perçoit encore les vapeurs piquantes du produit verdâtre qui colore désormais le versant du crassier.

Soutien moral et financier

Peu après cette nouvelle accusation, révélée par France Bleu Lorraine Nord, la direction d’ArcelorMittal a ouvert une enquête interne, évoquant des faits isolés. « Il n’y a aucun risque environnemental ou sanitaire pour les populations », avait même assuré la société.

Apprenant que le contrat d’interim du « chauffeur d’alerte » n’a pas été renouvelé, des internautes se sont mobilisés afin de lui apporter un soutien financier.

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Touchés par son témoignage, ils sont plusieurs à avoir féliciter le chauffeur pour son « courage » et son « combat ». « Vous n’avez pas eu tort de parler Monsieur, le combat parait inégal, mais vous n’êtes pas seul », peut-on lire sur le site leetchi.com où un fond de soutien a été ouvert. Deux cagnottes ont notamment été lancées pour encourager les lanceurs d’alerte. « Ces cagnottes ont une double utilité : montrer qu’il n’est pas tout seul et apporter une aide financière puisque cette personne n’a pas de travail », explique Bastien, chef de projet dans une banque privée, à l’origine de l’une des cagnottes.

Il faut encourager les lanceurs d’alerte, mais ce n’est pas tout. Ils ont besoin d’un soutien moral et financier.

Des dons variables entre deux, dix et parfois jusqu’à 200 euros face auxquels l’intérimaire d’Arcelor Mittal se dit très touché, voire même gêné. « Je n’ai pas fait tout ça pour l’argent », explique-t-il au micro de France Info, précisant qu’il aura très certainement besoin de cette somme qu’il utilisera pour « payer ses factures » et « sortir la tête de l’eau ». « Je ne suis pas seul, ça fait plaisir », conclut-il.

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