Paris Match Belgique

La « vache du futur » : une race OGM capable de résister au réchauffement climatique

Des chercheurs de l'université de Floride ont reçu une bourse fédérale de 733.000 dollars pour mettre au point une vache génétiquement modifiée qui pourra s'adapter au réchauffement climatique. | © Flickr : n3glectus

Société

Face au réchauffement climatique, des généticiens veulent mettre au point une vache capable de résister davantage à la chaleur.

Accepter le réchauffement climatique et trouver des solutions pour « vivre avec » ? C’est le résonnement de plusieurs chercheurs américains qui, plutôt que de lutter contre le changement climatique, tentent tout simplement de s’y adapter.

Dans un pays dont le gouvernement freine drastiquement la lutte contre le réchauffement climatique, voire remet en cause son existence, les scientifiques de l’université de Floride proposent une piste de solution au problème. Développer une race bovine moins polluante et plus résistante à la chaleur.

La « vache du futur »

La menace du réchauffement climatique sur le bétail est bien réelle. Alors pour conserver la qualité de la viande malgré les températures qui s’annoncent de plus en plus élevées, la science dégaine une nouvelle fois ses solutions.

Le 23 juin dernier, ces chercheurs de l’institut des sciences agroalimentaires de l’université de Floride (UF/IFAS) ont annoncé le développement d’une espèce de vaches génétiquement modifiées. Des « super vaches » capables de résister aux dérèglements climatiques ; et pourquoi pas ?

Lire aussi > Doit-on se réjouir du retrait des États-Unis de l’accord de Paris ?

La proposition a été vivement encouragée puisqu’elle a reçu pas moins de 733 000 dollars (soit environ 640 000 euros) de bourse fédérale de la part de l’État. Une somme qui servira à financer des travaux d’envergure, à savoir étudier les vaches Brangus – un hybride de bœuf européen et de zébu – réputées pour supporter particulièrement bien la chaleur, pour ensuite identifier les gènes responsables de cette aptitude et finalement en doter d’autres vaches.

Développer du bétail plus productif

« Le stress lié à la chaleur est le principal facteur limitant la production de protéines animales », explique le Dr Rachel Mateescu, professeure au département des sciences animales de l’université de Floride, au site Digital Trends. « Cet impact risque d’augmenter dramatiquement à cause du réchauffement climatique », ajoute-t-elle, redoutant les importantes montées de températures attendues à l’avenir.

En modifiant les gènes des vaches Brangus, la chercheuse et son équipe espèrent pouvoir « augmenter la productivité de l’industrie du bétail aux États-Unis et sécuriser une source alimentaire ». Pour elle, cette nouvelle approche – bénéficiant d’outils génétiques – permettrait ainsi de « lutter contre les problèmes liés au réchauffement climatique » et de « développer du bétail plus productif, capable de supporter le climat d’un monde de plus en plus chaud ».

Lire aussi > Pour 16 millions d’Américains, le lait chocolaté est produit par des vaches marron

Ces vaches du futur auront également la particularité d’avoir un moindre impact sur la pollution de l’air. En effet, cette espèce génétiquement modifiée devrait moins péter, et donc émettre moins de méthane. De l’agriculture à la gestion du bétail, la modification génétique n’arrête pas le progrès, n’en déplaise à certains.

CIM Internet