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L’Iran sous le choc après la mort d’une jeune femme tuée par la police des moeurs

Des femmes manifestent également devant l'ambassade d'Iran à Berlin. | © Paul Zinken/dpa

Société

L’Iran est sous le choc après la mort d’une jeune femme tuée par la police des moeurs. Une manifestation a eu lieu, dispersée à coup de gaz lacrymogènes.

D’après un article Paris Match France de La Rédaction

Les forces de sécurité iraniennes ont dispersé à coup de gaz lacrymogènes une manifestation dans le nord-ouest du pays et procédé à « plusieurs arrestations » après la mort d’une jeune fille détenue par la police des moeurs, a indiqué l’agence de presse Fars. Cette unité de police, chargée de faire respecter le code vestimentaire strict de la République islamique pour les femmes, dont le port obligatoire du foulard en public, a été plusieurs fois critiquée ces derniers mois pour des interventions violentes.

Originaire de la région du Kurdistan (nord-ouest), Mahsa Amini, âgée de 22 ans, a été arrêtée mardi alors qu’elle était à Téhéran en visite avec sa famille. Elle est décédée vendredi à l’hôpital après trois jours dans le coma, suscitant une vague de colère dans le pays. « Environ 500 personnes se sont rassemblées à Sanandaj, capitale de la province du Kurdistan, et ont crié des slogans contre les responsables du pays », a rapporté Fars.

Les manifestants « ont brisé les vitres de certaines voitures, incendié des poubelles », et « la police a utilisé du gaz lacrymogène pour disperser la foule », a ajouté l’agence. « Plusieurs personnes ont été arrêtées par la police », a encore indiqué Fars, sans préciser leur nombre exact.

« De nombreux manifestants sont convaincus que Mahsa est morte sous la torture »

Samedi, une autre manifestation organisée à Saghez, la ville natale de Mahsa Amini, avait été dispersée à coup de gaz lacrymogènes par la police. « De nombreux manifestants sont convaincus que Mahsa est morte sous la torture », a souligné lundi l’agence Fars. La police de Téhéran s’était défendue vendredi, affirmant « qu’il n’y avait pas eu de contact physique » entre les agents et la victime.

Le même jour, la télévision d’Etat a diffusé une courte vidéo de surveillance montrant une femme présentée comme Mahsa Amini s’effondrer dans les locaux de la police après une discussion avec une agente. Lundi, Amjad Amini, le père de la victime, a déclaré à Fars qu’il « n’accepte pas ce que (la police) lui a montré » car, selon lui, « la vidéo a été coupée ». Il a en outre critiqué « la lenteur d’intervention » des services d’urgence. « Je crois que Mahsa a été transférée tardivement à l’hôpital », a-t-il dit. Samedi, le ministre iranien de l’Intérieur, Ahmad Vahidi, a affirmé que « Mahsa avait apparemment des problèmes physiques antérieurs » et qu’elle « avait subi une opération au cerveau à l’âge de cinq ans ». Ces informations ont été démenties par le père de la victime, qui assure que sa fille était « en parfaite santé ».

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Iran féminicide
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