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Où en est le droit à l’avortement dans le monde ?

Où en est le droit à l'avortement dans le monde ?

L'avortement clandestin provoque la mort d'une femme toutes les 9 minutes dans le monde. | © Pexels / Derek French

Société

Près de la moitié des avortements dans le monde sont effectués de manière clandestine, avec des produits chimiques, un cintre ou des coups dans le ventre.

 

Si l’avortement est autorisé en Belgique depuis 1990, c’est loin d’être le cas pour toutes les femmes dans le monde. La décision de la Cour suprême des États-Unis le 24 juin dernier (d’annuler l’arrêt de 1973 légalisant l’avortement) montre plus que jamais comme ce droit fondamental est pourtant si fragile. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime à 49 % les avortements non sécurisés, également appelés « avortements clandestins ». Effectué avec des produits chimiques, une aiguille ou des coups violents dans le ventre, l’avortement clandestin provoque la mort d’une femme toutes les 9 minutes dans le monde.

En cette journée mondiale de lutte pour le droit à l’avortement, nous allons voir que le droit à l’IVG reste largement inégal dans le monde. Alors que trois grossesses sur cinq se terminent par un avortement chaque année dans le monde, plus de 40 % des femmes en âge de concevoir vivent dans des États aux lois restrictives.

Où en est le droit à l'avortement dans le monde ?
Carte montrant le statut légal de l’avortement dans le monde, au 22 juin 2022. © Statista

En rouge : Pour sauver la vie de la femme / entièrement interdit
En orange : Pour protéger la santé
En jaune : De nombreux motifs socio-économiques
En vert : Sur demande

Interdiction totale dans une vingtaine de pays

Les États-Unis sont devenus en juin dernier « l’un des quatre seuls pays à supprimer les protections pour l’avortement légal en plus de 25 ans« . Depuis, seulement 12 États ont une législation qui protège le droit et l’accès à l’avortement.

 

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L’avortement est encore totalement interdit dans une vingtaine de pays, notamment dans des États africains, comme la République Démocratique du Congo, l’Égypte, le Sénégal, le Gabon ou Madagascar. L’avortement est également interdit au Suriname, au Nicaragua ou encore au Salvador. En Europe, l’IVG est interdite à Malte (les femmes avortant risquent dix-huit mois à trois ans de prison), en Andorre et au Vatican.

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Sans être totalement interdit, l’avortement est également un droit menacé dans de nombreux pays. C’est notamment le cas en Pologne, où en octobre 2020, le Tribunal constitutionnel a proscrit l’IVG en cas de malformation grave du foetus. Les femmes sont uniquement autorisées à avorter en cas de viol ou d’inceste, ou lorsque la vie de la mère est en danger.

Heureusement, il y a aussi des bonnes nouvelles. La Colombie a dépénalisé l’avortement durant les 24 premières semaines de la grossesse en février 2020, et l’Argentine a suivi le pas en janvier 2021. En Asie, la Corée du Sud et la Thaïlande ont également autorisé l’avortement, de même pour la Nouvelle-Zélande qui l’a fait en 2020.

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