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La Belgique sous la menace de l’extrême-droite : l’OCAM attend un nouveau directeur…

merksem opération antiterroriste

L'homme décédé au cours d'une opération policière à Merksem (Anvers) était recherché dans le cadre d'une enquête en lien avec la préparation d'un attentat terroriste d'extrême droite. | © BELGA PHOTO / JONAS ROOSENS.

Société

Qui pour diriger l’OCAM ? Deux ans après le départ de son ex-directeur, l’organe demeure sans patron alors que la Belgique est sous la menace du terrorisme d’extrême droite. 

Le 11 octobre prochain, cela fera deux ans que Paul Van Tigchelt a quitté la direction de l’OCAM (Organe de Coordination pour l’Analyse de la Menace). Depuis, c’est le chef du département Analyse stratégique, Gert Vercauteren, qui assure l’intérim à la tête du service en attendant la nomination d’un nouveau directeur.

Rappelons que l’OCAM est un centre fédéral d’expertise placé sous la double autorité des ministres de l’Intérieur et de la Justice. Il est chargé d’évaluer la menace terroriste et extrémiste en Belgique ainsi qu’à l’étranger où des intérêts belges peuvent être concernés. Il coordonne également l’approche multidisciplinaire de cette menace. Ses analyses permettent aux autorités telles que le Centre de Crise National (CCN) et la police intégrée de prendre les mesures adéquates afin de garantir au maximum la sécurité des citoyens.

Dès lors, on ne peut que s’étonner de voir un tel organe laissé sans véritable patron depuis deux ans, de surcroît dans un contexte sécuritaire qui, sans être particulièrement alarmant (le niveau de menace est actuellement à 2 sur une échelle de 4), exige néanmoins le maintien d’un certain degré de vigilance. Les points d’attention ne manquent pourtant pas avec la tenue prochaine du procès des attentats de Bruxelles et au moment où se précise une nouvelle menace terroriste venue de l’extrême droite.

Qu’à cela ne tienne, les autorités de tutelle ne semblent nullement pressées de trouver un successeur à Paul Van Tigchelt, devenu chef de cabinet adjoint du ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne (Open VLD), en charge des questions de sécurité. Nous aurions aimé recueillir son opinion relativement à la lenteur du processus de désignation de son remplaçant, ainsi qu’au sujet du profil que devrait avoir ce dernier. L’intéressé n’a cependant pas réagi à notre sollicitation.

Aucune date en vue pour l’ouverture du poste

En juillet de l’année dernière, Le Soir avait fait état de la possibilité de voir arriver un superflic à la tête de l’OCAM. Et pas n’importe lequel, puisque nos confrères croyaient savoir qu’un policier de carrière néerlandophone ayant rejoint en octobre 2020 le cabinet de la ministre de l’Intérieur, Annelies Verlinden (CD&V), en tant qu’adjoint responsable de la police et de la sécurité, tenait la corde dans la course à la succession de Paul Van Tigchelt.

De fait, nos sources nous confirment que ce candidat était alors vu comme le grand favori pour accéder au poste. D’autant qu’un projet de loi réformant l’OCAM a supprimé l’obligation d’avoir un magistrat à sa tête. D’après nos informations, le prétendant a depuis lors jeté l’éponge et postule désormais une tout autre fonction. En tout état de cause, suivant une règle non écrite qui remonte à la création de l’OCAM et qui promeut l’équilibre linguistique, la direction pourrait en principe revenir à un francophone.

Est-ce là ce qui freine l’ouverture du poste et l’appel à candidatures depuis 24 mois ? Aurait-on en Flandre, où l’on tient traditionnellement à avoir la haute main sur les organes de sécurité, des velléités de conserver celle sur l’OCAM ? Auprès de certains élus, policiers et magistrats francophones, ce scénario est loin d’être jugé farfelu même si rien de tangible ne permet de l’étayer à ce stade.

Le poste pourrait revenir à un francophone. Est-ce là ce qui freine l’appel à candidatures depuis 24 mois ?

De son côté, le cabinet d’Annelies Verlinden que nous avons interrogé s’en est tenu à la déclaration suivante : « En mai, le Parlement a approuvé la nouvelle loi sur l’OCAM sur proposition de la ministre. Cette nouvelle loi vise à renforcer le fonctionnement de l’OCAM et confirme officiellement la désignation de quatre nouveaux services d’appui. En outre, la loi actualise les conditions de nomination du directeur et du directeur adjoint, en supprimant la condition d’âge de 35 ans et l’obligation pour ces deux profils d’être magistrats. Les ministres de la Justice et de l’Intérieur publieront un arrêté royal avec la description de fonction et les conditions de sélection du directeur de l’OCAM et de son adjoint. Cet arrêté est en cours de préparation. Le poste sera ensuite déclaré vacant et un jury de sélection sera formé ».

Notre question relative au délai nécessaire pour la mise en place de ce processus de recrutement attend toujours une réponse. Et l’OCAM son nouveau patron.

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