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Le 21 juillet pour les Nuls : trois choses à savoir sur la fête nationale

Un enfant brandit le drapeau belge à lors des festivités du Bal National, le 20 juillet 2017 à Bruxelles. | © BELGA PHOTO DAVID STOCKMAN

Société

Du serment de Leopold Ier, à l’hymne patriotique en passant par la devise nationale, il paraît que les Belges ne connaissent pas bien la Belgique. Petit tour d’horizon du pourquoi on fête le 21 juillet… le 21 juillet.

Sans commune mesure avec le 14 juillet de nos cousins Français, le 21 juillet des Belges n’en demeure pas moins festif et historique. Pourtant, chaque année, les mêmes questions reviennent avec toujours les mêmes hésitations qui se dessinent sur les lèvres.

Chanter par coeur la Brabançonne, clamer la devise nationale ou encore retracer l’historique de la royauté belge ne semble pas toujours évident pour le commun des mortels du plat pays. Avant de faire briller les couleurs nationales et de profiter des festivités populaires, petite piqûre de rappel sur ce qui fait la fierté nationale.

De l’indépendance de la Belgique

D’aucuns pourront se targuer de connaître la date qui officialisa le jour de fête nationale, le 27 mai 1890. D’autres trouveront chaque année l’occasion pour se rappeler que oui, la Belgique est indépendante et que c’est d’ailleurs pour ça que l’on trinque à sa santé.

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Mais que célèbre-t-on réellement le 21 juillet, si ce n’est son pays, sa patrie (son fils, sa bataille) ? Si l’occasion revient cette année de brandir le drapeau noir-jaune-rouge et de crier « Ô Belgique, ô mère chérie », c’est en mémoire au tout premier roi des Belges. En prêtant serment le 21 juillet 1831, jurant fidélité à la Constitution belge, Léopold de Saxe-Cobourg marquait le début d’une Belgique indépendante sous le régime d’une monarchie constitutionnelle et parlementaire.

Il faudra attendre le règne de Léopold II, soixante ans plus tard, pour voir arriver la loi du 27 mai 1890 qui instaurera officiellement la fête nationale belge. L’objectif : lier ce jour de célébration à la personne du Roi.

Le 21 juillet 2013, le roi Albert II abdiquait en faveur de Philippe de Belgique. Ce dernier est devenu le deuxième roi des Belges à prêter le serment constitutionnel le jour de la fête nationale. © Patrick van Katwijk.

Le Roi, la loi, la liberté

Grande et belle, la Belgique, toujours vivra. « Et ton invincible unité aura pour devise immortelle : le Roi, la loi, la liberté ! »

La fin – parce qu’elle se répète en boucle – tout le monde la connaît, qu’il s’agisse des paroles ou de la mélodie. En revanche, un quidam à qui l’on tendrait le micro pour lancer les premiers accords de l’hymne belge pourrait aisément se retrouver sans voix. Au fameux jeu télévisé « N’oubliez pas les paroles ! », la Brabançonne – cruellement méconnue du grand public – en éliminerait plus d’un. Et pour cause : avec quatre versions différentes à son actif – la première datant de 1830 – l’hymne national belge a mis un certain temps avant de faire sa réputation.

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En effet, pendant longtemps, les Belges n’ont rien chanté d’autres refrains patriotiques que « La Marseillaise » ou encore « La Parisienne ». Encore aujourd’hui, le fameux « Allons enfants de la patrie » résonne plus familièrement dans les cordes vocales des Belges que le « À toi nos coeurs, à toi nos bras ». Et ce n’est pas l’ancien Premier ministre Yves Leterme qui osera prétendre le contraire.

Pourtant, l’hymne belge revient de loin, du 27 août 1830 précisément. D’abord intitulée « La Bruxelloise », c’est au café L’Aigle d’Or, non loin de la place de la Monnaie, que furent fredonnés les premiers airs de la Brabançonne, écrits par le Français Alexandre Dechez (alias Jenneval) puis mis en musique par le ténor bruxellois François Van Campenhout. Ce poème, qui dès septembre 1830 devint l’hymne officiel de Belgique, fut corrigé à plusieurs reprises par son auteur original en attendant sa version actuelle, établie en 1860 et réécrite par Charles Rogier.

Un pour tous, tous pour un

« Liberté, égalité, fraternité. » Nul besoin d’être Einstein pour reconnaître la célèbre devise française héritée du siècle des Lumières. Difficile d’en dire autant de la devise belge, bien moins connue des esprits même les plus éclairés.

Si elle aurait pu s’intituler « Un pour tous, tous pour un », la formule censée rappeler les principes et valeurs fondatrices de la Belgique se limite à quatre mots : « L’union fait la force ». Traduite en néerlandais par « Eendracht maakt macht » et en allemand par « Einigkeit macht stark », elle fait référence à la fédération d’un État qui regroupe trois régions : bruxelloise, wallonne et flamande. Rien d’original, puisqu’elle fait également office de devise nationale pour la Bulgarie, l’Angola, la Bolivie, l’Andorre et Haïti.

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Dans un contexte où l’unité de la Belgique demeure fragile et menacée, la formule pourrait en faire tiquer certains. Mais à l’époque où la phrase est prononcée par le régent Érasme-Louis Surlet de Chokier lors de sa prestation de serment le 25 février 1831, il s’agit moins de l’union entre les communautés linguistiques du pays que de l’unionisme au pouvoir après la révolution belge, l’union des tendances catholiques et libérales de la bourgeoisie majoritairement francophone au nord comme au sud.

Même s’il est encore difficile de connaître l’origine précise de ce proverbe, les vers de La Fontaine dans sa fable « Le vieillard et ses enfants » pourront toujours faire office de piqûre de rappel : « Toute puissance est faible, à moins que d’être unie. »

© BELGA PHOTO / OLIVIER VIN
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