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Guerre en Ukraine : Les viols sont « une stratégie militaire » selon l’ONU

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Des militants se tiennent la main alors qu'ils protestent contre les viols pendant la guerre et soutiennent l'Ukraine devant le consulat de Russie à New York, le 28 mai 2022. | © Kena Betancur / AFP.

Société

La représentante de spéciale de l’ONU Pramila Patten, dénonçant « des cas horribles et des violences très brutales ».

D’après un article Paris Match France de La Rédaction

Les viols et agressions sexuelles attribués aux forces russes en Ukraine constituent clairement « une stratégie militaire » et « une tactique délibérée pour déshumaniser les victimes », estime la représentante de spéciale de l’ONU Pramila Patten, dénonçant « des cas horribles et des violences très brutales ».

« Toutes les indications sont là », répond Mme Patten, interrogée par l’AFP à Paris sur le viol comme arme de guerre en Ukraine. « Quand des femmes et des filles sont séquestrées pendant des jours et violées, quand vous commencez à violer des petits garçons et des hommes, quand on voit une série de cas de mutilations d’organes génitaux, quand vous entendez les témoignages de femmes évoquant des soldats russes équipés de viagra, c’est clairement une stratégie militaire. Et quand les victimes évoquent ce qui a été dit pendant les viols, il est clair que c’est une tactique délibérée pour déshumaniser les victimes » dit l’avocate mauricienne.

L’ONU a vérifié « plus d’une centaine de cas » de viols et agressions sexuelles en Ukraine

Représentante spéciale depuis 2017 du secrétaire général de l’ONU chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit, Mme Patten était de passage à Paris jeudi pour signer un accord de partenariat avec l’ONG Bibliothèques Sans Frontières afin de soutenir les victimes de violences sexuelles en période de conflit.

L’ONU a vérifié « plus d’une centaine de cas » de viols et agressions sexuelles en Ukraine depuis le début de la guerre, mais « ce n’est pas une question de chiffres », insiste Mme Patten. « Il est très compliqué d’avoir des statistiques fiables pendant un conflit actif, et les chiffres ne vont jamais refléter la réalité, parce que les violences sexuelles sont un crime silencieux, le moins signalé et le moins condamné », souligne-t-elle, évoquant la peur des représailles et de la stigmatisation. « Les cas signalés ne représentent que le sommet de l’iceberg », lance Mme Patten.

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