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Elnaz Rekabi acclamée en héroïne à son retour à Téhéran

Elnaz Rekabi

Elnaz Rekabi lors des Championnats d'Asie d'escalade en Corée du Sud. | © Rhea KANG / INTERNATIONAL FEDERATION OF SPORT CLIMBING / AFP

Société

Ce sont des images puissantes qui ont été immortalisées à l’aéroport de Téhéran ce mercredi matin.

 

Une foule amassée pour accueillir le retour d’Elnaz Rekabi a acclamé la sportive, devenue une héroïne dans le pays pour avoir participé aux Championnats d’Asie d’escalade en Corée du Sud sans le traditionnel hidjab. La République islamique impose en effet aux sportives iraniennes le port du voile même dans les compétitions à l’étranger. Son acte avait dès lors été interprété comme un geste de solidarité avec les manifestations déclenchées il y a un mois par la mort de la jeune Kurde iranienne Mahsa Amini après son arrestation par la police des moeurs.

« Elnaz ! Héros ! Elnaz ! Héros ! » 

Dans une vidéo mise en ligne par le quotidien réformateur Shargh, on peut apercevoir des dizaines de personnes massées devant le terminal de l’aéroport. On entend des applaudissements et des hourras.Dans la foule, les femmes ne portent pas de voile. Elnaz Rekabi, vêtue d’un blouson à capuche noir et d’une casquette de baseball, a été accueillie dans le terminal par ses proches, avant de s’adresser aux médias.

« En raison du climat qui régnait pendant les finales de la compétition et du fait que j’ai été appelée à prendre le départ quand je ne m’y attendais pas, je me suis retrouvée emmêlée dans mon équipement technique […]. À cause de cela, je n’ai pas fait attention au foulard que j’aurais dû porter » a-t-elle raconté. « Je suis rentrée en paix en Iran, en parfaite santé et selon le programme prévu. Je présente mes excuses au peuple iranien pour les tensions créées », a-t-elle déclaré, ajoutant ne pas avoir « l’intention de dire au revoir à l’équipe nationale ».

Elle est ensuite partie pour une destination inconnue à bord d’un van avec son équipe. Selon l’actrice britannique d’origine iranienne Nazanin Boniadi, ambassadrice pour Amnesty International au Royaume-Uni, la sportive « a été forcée de faire cette déclaration par les autorités, coutumières des confessions forcées à la télévision ». Les observateurs « ne doivent pas être influencés par la propagande d’Etat », a souligné le CHRI. Des défenseurs des droits humains à l’extérieur de l’Iran s’étaient dits inquiets sur son sort, plusieurs de ses amis ayant affirmé qu’ils ne pouvaient pas la joindre.

Le sport est devenu un sujet extrêmement sensible en Iran depuis ces manifestations, plusieurs sportives iraniennes de renom s’étant exprimées en faveur des droits des femmes. Des footballeurs célèbres ont également été inquiétés pour des commentaires sur le mouvement, comme la légende du foot Ali Daei, qui s’est vu brièvement confisquer son passeport.

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