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Entre stéréotypes et fantasmes : L’initiative ratée d’une commune française pour son « année de la femme »

"LA femme, selon la ville de Dannemarie" | © Facebook/Les efFRONTé-e-s

Société

Talons aiguilles, sacs de shopping, silhouettes élancées et couleur rose… Quand la commune française de Dannemarie décide de mettre la femme à l’honneur en 2017, elle ne le fait pas de la manière la moins stéréotypée possible. Au contraire.

2017, l’année de la femme ? Une très belle initiative de la part du maire de Dannemarie, commune située dans le département du Haut-Rhin en France, qui a décidé de mettre à l’honneur des femmes actives au sein d’associations ou encore d’inaugurer une rue au nom de Monique Wittig, théoricienne et romancière féministe née dans la commune, qui fut l’une des fondatrices du Mouvement de libération des femmes (MLF). Jusqu’ici, tout va bien. C’est en juin que l’initiative a commencé à dérailler, comme le remarque Franceinfo.

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Les habitants de Dannemarie ont vu leurs rues décorées de pancartes en forme de cœur annonçant l’initiative de la ville « Dannemarie 2017 : année de la femme », entourées d’autres pancartes en forme de bouches au rouge vif et de talons hauts roses. Limite… mais ce n’est pas tout. D’autres décorations représentent des femmes en bikini, prêtes à enlever le haut, en robe (très) courte (placées sur le trottoir…), des danseuses de cabaret ou encore les bras chargés de sacs de shopping parsemés de rose.

Facebook/Les efFRONTé-e-s

Il n’en fallait pas plus pour choquer l’association féministe Les efFRONTé-e-s qui a publié plusieurs photos sur sa page Facebook mercredi 19 juillet, accompagnées d’un petit mot pour parler de cette « magnifique campagne ». Interrogée par Franceinfo, l’une des porte-paroles de l’association Fatima Benomar s’indigne : « C’est quelque chose qui est censé rendre hommage à la femme, mais en fait c’est un amas de stéréotypes. On a plutôt l’impression que c’est la femme vue et fantasmée par un regard masculin (…) On perçoit les femmes dans l’espace public comme des objets aguicheurs, ce qui peut inciter au harcèlement de rue ».

CECI N’EST PAS UN FAKE ^^Vous voulez voir de l’argent public dilapidé ? Voici les photos de la magnifique campagne pour…

Publié par Les efFRONTé-e-s sur mercredi 19 juillet 2017

Qui est à l’origine de ces pancartes ?

Sur la publication des eFRONTé-e-s, bon nombre de commentaires crient au scandale sexiste et pointent du doigt l’œuvre d’un artiste. Masculin, bien évidemment. Raté, c’est bien une femme qui est à l’origine de ces pancartes, réalisées par des bénévoles. « On voulait dessiner la femme dans tous ses états, ce n’était pas plus méchant et pas plus recherché », raconte Dominique Stroh, première adjointe au maire de Dannemarie et fleuriste de profession, qui ne comprend pas les critiques. Elle précise tout de même, comme d’autres l’ont fait en commentaires, avoir aussi installé des silhouettes de femmes d’affaires, de femmes plus rondes et plus âgées ou encore de fillettes en train de lire.

Même réaction du côté du maire de la ville : « on voulait illustrer les femmes telles qu’elles sont naturellement, dans leur quotidien et dans toute leur diversité », déclare Paul Mumbach pour qui ces décorations « ne posent aucun problème ». Aucune raison alors de les retirer, selon lui. Elles resteront donc jusqu’à la fin de l’été.

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