Paris Match Belgique

Après « La charge mentale », la dessinatrice Emma lève un nouveau tabou sur les inégalités hommes-femmes

Capture d'écran via emmaclit.com.

Société

Sur son blog, la blogueuse féministe Emma a publié le premier volet de son nouveau projet « L’Attente ».

Après avoir fait le tour du web avec sa bande dessinée « Fallait demander » sur la charge mentale, la blogueuse Emma s’attaque à un nouveau tabou.

Habituée à démonter les clichés à coups de de crayon instructif et engagé, celle qui se définit comme « féministe et révolutionnaire » tente une nouvelle fois d’éveiller les consciences. Si ses réflexions tournent le plus souvent autour de la politique, la santé ou la sexualité, c’est désormais sur le couple parental qu’elle décide de plancher, notamment sur l’attente des femmes après le travail.

Libre en couple

Dans le premier volet de « L’Attente », publié ce dimanche 18 juillet sur son blog, la dessinatrice raconte la difficulté de conserver sa « liberté » au sein du couple parental, particulièrement pour les femmes qui – contraintes à s’atteler aux tâches domestiques – sont régulièrement dans l’attente (voire le besoin) de leurs conjoints.

Lire aussi > « La charge mentale » ou le syndrome des femmes épuisées de penser à tout, tout le temps

À travers son expérience personnelle, Emma questionne son lecteur sur la distinction entre conscience professionnelle et familiale, et en quoi les hommes ont souvent tendance à privilégier la première. « Dans beaucoup de boulots que j’ai faits, j’ai vu beaucoup de pères s’octroyer des journées souples », écrit-elle en évoquant la réalité de nombreuses femmes chargées de s’occuper des enfants pendant que leurs conjoints ont « du boulot à finir », sont retardés par un « problème de transport » ou partent « boire un coup avec les collègues ».

En fait, le truc c’est que notre société impose encore aux hommes et aux femmes des échelles de valeurs bien distinctes.

Travail, famille, sorties

Dès les premiers dessins, la blogueuse s’interroge : pourquoi les hommes restent-ils plus longtemps au travail, alors que les femmes se sentent plus souvent obligées de partir plus tôt ? Si pour elle, les hommes font souvent passer le travail en première ligne, les femmes s’arrangent quant à elles pour « quitter le travail beaucoup plutôt » afin de s’occuper des enfants.

Lire aussi > Emma, auteure de « Fallait demander » sur la charge mentale : « les questions féministes peinent à être prises au sérieux dans les médias »

Si quand elles deviennent mères, la plupart des femmes renoncent à leur liberté nocturne, la réciproque ne se met pas en place aisément.

Sacrifier son temps personnel (et donc familial) au bénéfice de son employeur serait devenu la condition sine qua non pour être « remarqués, promus et récompensés », développe-t-elle en précisant que la société admet « à peu près » que les femmes « renoncent à ce fonctionnement ». « Même si cela implique que dans la foulée, on abandonne tout espoir d’évolution de carrière et de salaire », poursuit-elle.

CIM Internet