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Rebondissement : Ces trois crânes ne seront finalement pas vendus mais rapatriés

Ces crânes ne seront finalement vendus mais rapatriés. | © DR

Société

L’Hôtel de ventes Vanderkindere a d’ores et déjà retiré ces restes humains de la vente publique cataloguée du 14 décembre. Sa direction présente des excuses.

 

Dans un précédent article, hier, nous évoquions la mise en vente publique de trois crânes issus d’une collection coloniale privée. Comme c’est l’évidence, ces informations ont provoqué un grand émoi et plus particulièrement encore au Congo et au sein de l’importante diaspora congolaise présente en Belgique.

Avec lucidité, la direction de l’Hôtel de ventes Vanderkindere a pris la mesure de cette polémique naissante et des enjeux symboliques liés à ces restes humains. Celle-ci a pris contact avec Paris Match Belgique ce mercredi 30 novembre pour nous faire part du retrait du lot 405, soit des trois crânes, de la vente publique organisée le 14 décembre prochain.

Mieux, la salle de vente déclare son intention ferme et définitive de prendre tous les contacts utiles pour procéder au rapatriement de ces crânes. Il faut comprendre que ces restes humains font partie d’un ensemble de lots très divers dont la salle de vente s’est engagée contractuellement à la mise aux enchères avec un déposant. Dès lors, l’Hôtel Vanderkindere s’engage à acheter lui-même les crânes pour éviter un différent avec son client, avec l’intention de prendre contact aussi vite que possible avec les autorités gouvernementales de RDC afin de procéder à leur rapatriement. Il s’avérera aussi utile, à notre point de vue, que l’Hôtel de ventes prenne aussi langue avec le gouvernement Tanzanien, en ce qui concerne le crâne du chef arabe Munie Mohara.

« Excuses sincères »

Par ailleurs, l’Hôtel de ventes a publié un communiqué, on peut plus explicite sur son compte « Instagram » et sur son site, lequel devrait éteindre l’incendie naissant : « L’hôtel de ventes Vanderkindere tient sincèrement à s’excuser d’avoir proposé aux enchères un lot comprenant trois crânes humains (lot 405) liés au passé colonial belge, et c’est pourquoi ceux-ci sont impérativement retirés de la vente. Nous ne cautionnons aucunement les souffrances et les humiliations subies par les peuples victimes de ces actes coloniaux. Nous présentons à nouveau nos profonds regrets envers toute personne ayant été meurtrie et blessée par la mise en vente de ce lot. »

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Pour rappel, l’annonce sur de cette vente sur internet était libellée en ces termes : « Lot de trois crânes humains : un crâne de Bangala anthropophage aux incisives taillées en pointes, un crâne du chef arabe Munie Mohara tué par le sergent Cassart à Augoï le 9 janvier 1893 et décoré d’un bijou frontal, et un fragment de crâne collecté au « Figuier de la mort » dans le village de Bombia dans la province de la Mongala par le docteur Louis Laurent le 5 mai 1894. Portant d’anciennes étiquettes de collection. Provenance : ancienne collection du docteur Louis Laurent à Namur. Epoque : XIXème »

Dans notre précédent article, nous avions restitué le contexte d’hyperviolence colonialiste dans lequel ces restes humains ont été « collectés ». Précisons enfin, comme nous l’explique le parlementaire Ecolo, Guillaume Defossé que la Commission parlementaire sur la colonisation a entamé une réflexion sur le soutien qui pourrait être apporté aux personnes qui héritent de collections coloniales privées problématiques. L’idée serait de leur donner un point de contact où elles pourraient savoir ce qu’il convient de faire avec de telles successions encombrantes.

Cela dit, on pourrait aussi espérer que le législateur décide d’une interdiction pure et simple de tout commerce, voire de possession de restes humains en Belgique…

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