En Inde, une brigade de femmes flics pour traquer les agresseurs sexuels

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Armées de talkie-walkies, caméras et bâtons, des policières indiennes sillonnent à moto les rues de Jaipur, une ville touristique du nord-ouest de l’Inde, pour faire régner la loi dans ce pays où 40 000 viols sont enregistrés chaque année.

Dans les parcs, les transports en commun ou aux abord des universités, elles patrouillent à l’affût du premier agresseur sexuel venu. Exécutant leurs rondes dans les rues de Jaipur, elles forment l’une des nouvelles unités entièrement féminines chargées d’assurer la sécurité des femmes.

Munies de leurs talkie-walkies, leurs matraques et de caméras de surveillance, elles sillonnent les « quartiers dangereux » et les lieux de la ville où les femmes sont les plus vulnérables.

« Pays du viol »

Chaque année, l’Inde enregistre 40 000 cas de viols. Un chiffre sans doute sous-estimé puisqu’il ne comprend pas toutes les plaintes non-déposées, les victimes demeurant dans le silence par peur de représailles dans une société encore très patriarcale. Dans la capitale, près de 2 199 viols ont été signalés en 2015, soit une moyenne de six par jour. Et sur les plaintes signalées, trop peu aboutissent à une condamnation des agresseurs.

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Si cette « unité spéciale motorisée » a été mise en place – au-delà du manque drastique de femmes au sein de la police indienne – c’est précisément pour lutter contre les violences subies par les femmes dans le pays. Grâce à un dispositif d’envergure, les 52 policières espèrent inverser la tendance qui persiste en Inde, encore surnommée « le pays du viol ».

Effet dissuasif

Après avoir suivi une formation spéciale de trois mois, ces brigades féminines sont parées pour assurer la sécurité des autres mais aussi la leur. “On nous a appris à conduire un scooter, et à faire des prises de karaté et d’autodéfense », raconte Saroj Chodhuary, l’une des policières.

Parfois il y a des fauteurs de trouble qui peuvent nous menacer physiquement. Notre propre sécurité passe avant tout.

Grâce à un « effet dissuasif », les premiers résultats apparaissent encourageants. “C’est une bonne décision parce que les hommes vont avoir peur de voir ces femmes en service », explique Ramlal Gujar, un agent immobilier de la ville. « Si un homme se fait tabasser, les autres savent que ça va chauffer pour eux aussi s’ils se conduisent mal.” Un constat positif confirmé par Kamal Shekhawat, policière en charge de l’unité spéciale : « Quand ces équipes patrouillent dans des lieux un peu chauds qu’on a repérés, elles arrivent à mettre fin à des problèmes comme le harcèlement sexuel dans les rues. »

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Si en 2012, le viol d’une étudiante à New Delhi avait secoué le pays et mis en lumière les violences subies par les femmes – ayant engendré le durcissement de certaines lois contre les crimes sexuels -, les violences contre les femmes restent une réalité quotidienne en Inde. Pour y faire face, plusieurs villes prévoient de déployer leurs propres patrouilles de policières à moto.

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