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Procès des attentats de Bruxelles : Les jurés ont pris connaissance du quart de l’acte d’accusation

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Dessin d'illustration. | © BELGA PHOTO / JONATHAN DE CESARE.

Société

La deuxième journée du procès des attentats commis à Bruxelles le 22 mars 2016 s’est terminée mardi peu après 17h00. Mal commencée, avec la défection d’une jurée effective, elle s’est poursuivie sans réelle encombre par la lecture de l’acte d’accusation.

Après une affluence importante lundi, le procès a repris dans un calme relatif mardi. Très peu de parties civiles étaient présentes dans les salles relais et les contrôles ne connaissaient pas de files d’attente comme la veille. Cela n’a cependant pas empêché l’audience de débuter avec 30 minutes de retard. La présidente de la cour, Laurence Massart, a d’ailleurs promis aux jurés que les acteurs concernés allaient se retrouver autour de la table pour revoir « les procédures » notamment d’entrée et d’intendance, pour éviter « les couacs de l’organisation ».

Ce procès, « c’est une grosse machine qui doit prendre son envol », a-t-elle justifié. Avant de donner la parole aux procureurs pour la lecture de l’acte d’accusation, il a fallu acter le remplacement de la deuxième jurée effective – couverte par un certificat médical – par un juré suppléant. Cette troisième défection en seulement deux jours de procès réduit le nombre de suppléants à 21. Le premier juré effectif a également fait savoir qu’il avait reconnu un nom, la veille, lors de l’identification des parties civiles. Il s’agissait vraisemblablement de l’ex-mari de l’une des victimes. Il a cependant précisé ignorer que cette personne s’était portée partie civile, ne plus l’avoir vue depuis six ans et ne pas connaitre la victime elle-même. Le juré a considéré être toujours apte à siéger. Le parquet et la défense, qui l’a remercié pour son honnêteté, ont déclaré n’avoir aucune objection à ce qu’il reste dans le jury.

Le profil et la biographie des kamikazes ont été dressés

Après une explication de la présidente sur le serment prêté par les jurés mercredi dernier, les procureurs Somers et Michel ont pu entamer la lecture de l’acte d’accusation vers 10h15. Ceux-ci ont donc détaillé les identités et les alias des accusés, évoqué la situation en Syrie à l’époque ainsi que les attentats de Paris avant de passer aux événements ayant mené aux attentats du 22 mars 2016 à Zaventem et Bruxelles. Ils ont ensuite décrit le déroulement des faits ainsi que les résultats de la perquisition de l’appartement de la rue Max Roos et le contenu de l’ordinateur retrouvé sur place.

Après la pause de mi-journée, la lecture a repris sur la découverte de la planque de la rue du Dries, où se cachaient Salah Abdeslam, Sofien Ayari et Mohamed Belkaid, décédé lors de l’opération policière le 15 mars 2016. Les procureurs ont ensuite remonté les éléments ayant menés jusqu’au domicile de Hervé Bayingana Muhirwa et la mise sous surveillance de celui-ci, qui a permis son arrestation le 8 avril ainsi que celles d’Osama Krayem et de Mohamed Abrini. À son arrestation, Osama Krayem a confirmé l’existence d’une autre cache, celle de l’avenue des Casernes à Etterbeek. C’est sur les découvertes qui y ont été faites que se sont ensuite penchés les procureurs.

Après une ultime pause, le parquet a repris la lecture de l’acte, énonçant notamment les divers appartements utilisés par la « cellule de Bruxelles ». Le profil et la biographie des kamikazes et de Mohamed Belkaid ont ensuite été dressés, ainsi que leur implication dans la préparation des attentats de Bruxelles. Un court portrait des accusés a ensuite été établi pour conclure cette journée d’audience, peu après 17h00. Ils seront détaillés lors de l’audience de mercredi, également dédiée à la lecture de l’acte d’accusation, long de 500 pages. Si l’accusé Krayem n’a pas souhaité assister à l’audience, et a donc passé la journée dans une cellule du Justitia après avoir été identifié dans la salle, d’autres accusés ont par contre manifesté le souhait de pouvoir suivre la lecture avec un acte d’accusation imprimé. Les accusés Abdesalm et Ayari, assis côte à côte, ont beaucoup discuté.

Avec Belga

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