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Dehors par des températures polaires : l’Etat pas très droit dans ses bottes

Une situation qui est dramatique pour les demandeurs d'asile... | © JC Guillaume

Société

Plusieurs milliers de personnes dont de nombreux enfants sont à la rue alors que la froidure s’est installée sur la Belgique. Condamné, notre pays ne parvient pas à trouver de solution d’urgence. Ce sont encore une fois les citoyens et les associations qui font le boulot…

 

Par L.Dp

Qui ne s’est pas dit ce matin, en grattant les vitres de son véhicule ou en se rendant à la gare tôt, la chance dont il bénéficiait d’avoir un toit pour s’abriter et du chauffage pour ne pas geler ?

La Croix-Rouge a exprimé son inquiétude alors qu’une vague de froid polaire s’est installée sur le pays, frappant durement les personnes sans-abri. Au cours des trois dernières années, le nombre de personnes sans-abri a augmenté de 27%, rien qu’à Bruxelles, déplore la Croix-Rouge

Ainsi, dans la capitale, on dénombre pas moins de 5.300 personnes à la rue dont 900 enfants, indique l’organisation qui cite des chiffres de la Fondation Roi Baudouin. Dans les autres villes, la situation n’est guère plus rassurante. A Charleroi, 959 adultes et 200 enfants vivent dans la rue, tandis qu’on recense 874 adultes et 272 enfants sans domicile à Namur et 422 adultes et 78 enfants à Liège.

Une situation qui est tout aussi dramatique pour les demandeurs d’asile dont les places d’accueil sont saturées et qu’un grand nombre d’entre eux doit trouver des abris de fortune pour échapper au froid.

De nombreux députés et parlementaires expliquent que des solutions existent: places dans des hôtels ou des auberges de jeunesse en urgence, répartition dans les communes moyennant un soutien financier aux CPAS et sortie des centres d’accueil moyennant une aide financière aussi. Cette dernière solution concernent des personnes dont la nationalité affiche un haut taux de reconnaissance ou qui ne sont pas expulsables.

Des solutions existent mais le cabinet de Moore n’agit pas

L’Etat belge accumule désormais plusieurs milliers de condamnations par le tribunal de travail de Bruxelles pour non respect de ses obligations. Le gouvernement fédéral et sa secrétaire d’Etat à l’Asile, Nicole de Moor ne prennent pas leur responsabilité.

Pour les associations, l’heure est au pragmatisme face à l’urgence. « Tous les deux ou trois ans, une situation de crise survient qui empêche Fedasil de respecter ses obligations. Il faut arrêter de vouloir créer de grands centres. Il faut travailler de façon pragmatique et créer de petites structures, et cesser d’attendre une solution qui viendrait de l’Europe », a expliqué la directrice de la Ciré (Coordination et initiatives pour réfugiés et étrangers), Sotieta Ngo.

En attendant, dans le quartier du petit château au coeur de Bruxelles face au canal, ce sont les habitants du quartier qui se sont mobilisés pour apporter de la soupe bien chaude et davantage de couvertures pour tenir aux heures les plus froides. L’Etat est en faute et manque à ses propres obligations.

Quand le thermomètre passe largement sous les zéro degré, il n’est plus question de débat, de point de vue, de vision de la société. Il est juste question de sauver des vies et de rendre de la dignité à ceux et celles à qui on en refuse !

Avec Belga.

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