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Après la polémique sur les scouts, un youtubeur défend haut et fort les valeurs du scoutisme

Ce mardi 25 juillet, des photos devenues virales sur les réseaux ont fait éclaté une polémique sur la consommation d'alcool par les chefs scouts dans les camps. | © Capture d'écran : Facebook Oui qui dit

Société

Après le bad-buzz déclenché par la diffusion de photos compromettantes d’un camp scout, un youtubeur pousse un coup de gueule et rappelle ce qui fait pour lui la fierté du scoutisme.

Il aura suffi d’une photo pour mettre le feu aux poudres. Sur la pièce à conviction –la photo d’une quasi même scène prise sous différents angles– des sièges pliables, quelques gobelets en plastiques, un bac renversé et plusieurs cadavres de bouteilles de bières gisant sur le sol.

Fausse alerte

Rapidement, c’est l’indignation générale. Publiées sur Facebook, ces photos ayant fait état d’une tente des chefs scouts bien arrosée ont généré un véritable bad-buzz. En plus d’avoir suscité la colère de certains, les clichés ont surtout réveillé une problématique bien connue du milieu scout : la consommation d’alcool par les chefs de camps.

Si elle a secoué toute la communauté scout, la polémique s’est rapidement essoufflée car non, les chefs du camps de la Fédération des Scouts Baden-Powell de Belgique n’étaient ni bourrés ni injoignables –comme l’avait indiqué la fausse « lanceuse d’alerte », à l’origine du choc des photos–.

Dérangé et discrédité

Agacé par l’emballement médiatique démesuré qui s’en est suivi, Emile Lecomte – alias Oui qui dit – reprend la caméra pour pousser un nouveau coup de gueule. Ayant lui-même fait partie de la grande famille des scouts, ce youtubeur libramontois a voulu faire taire les mauvaises langues en défendant les valeurs de la pratique.

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Contacté par Paris Match, cet étudiant en commerce extérieur s’est dit « dérangé » de voir à quel point l’image du scoutisme a été salie. « J’ai entendu des gens qui dégueulaient sur le scoutisme en disant que le scoutisme, c’était mal, que les scouts étaient des pochetrons et qu’il ne fallait pas leur confier des enfants », explique-t-il. « Je connais personnellement le milieu scout, ayant moi-même été plongé dedans pendant des années ainsi que tout mon entourage, et je trouve ça dommage que les bénévoles qui se démènent tout au long de l’année pour organiser les activités soient discrédités de la sorte. »

Je voulais montrer que les scouts ne sont pas des gens qui picolent, mais des bénévoles qui consacrent leur temps libre chaque week-end pour s’occuper d’enfants.

Sans gagner un centime, « ils le font par passion », poursuit Emile dans sa vidéo. « J’ai essayé de rassembler un maximum de valeurs dans une courte vidéo pour que les gens en parlent autour d’eux et fassent taire les idées récemment reçues », explique-t-il. Casser la polémique et faire en sorte que les gens se rendent compte que « le scoutisme c’est plein d’autres choses que le camp », c’est l’objectif de ce youtubeur qui, faisant usage de son réseau, espère toucher un public à plus grande échelle.

Scout un jour, scout toujours

Si avec ses propos léchés et sa musique attendrissante, la vidéo pourrait faire penser à une campagne officieusement initiée par les scouts, son auteur dément toute sollicitation extérieure et prend la remarque avec le sourire. « Ca me fait rire car on pense souvent que j’ai été sollicité par des associations pour faire mes vidéos », rétorque-t-il. « Pour ma vidéo sur les cheminots, les gens ont pensé que c’était le MR qui m’avait sollicité pour faire passer un message contre les mouvements de grève. » Face aux quelques suspicions, le jeune vlogueur insiste sur sa « conviction personnelle » à l’origine de toutes ses vidéos. « Jamais personne ne m’a demandé de faire une vidéo, sauf peut-être mes amis qui me proposent d’aborder certains sujets », précise-t-il. « Ici, j’avais juste envie de lire un texte sur un sujet qui me tenait profondément à cœur. »

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Dans sa capsule de deux minutes, il énumère ce qui fait pour lui la fierté du scoutisme : le bénévolat, la passion, les récoltes de vivres, la transmission de valeurs comme le respect, la tolérance… Néanmoins, le jeune homme de 22 ans ne manque pas de citer les dérives occasionnelles de quelques-uns : « Sur les 160 000 adhérents que comptent les scouts de Belgique, il y en a qui n’ont pas compris ces valeurs et qui ont sans doute fait une erreur », déclare-t-il après quelques minutes. Et de conclure que ceci ne justifie en rien le fait « stigmatiser » ou de « coller une étiquette » sur « les 159 000 autres ».

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