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Le plus grand temple bouddhiste d’Europe se trouve en région parisienne

Après plus de vingt ans de travaux, le temple ouvre enfin ses portes aux bouddhistes du monde entier. | © AFP PHOTO / FRANCOIS GUILLOT

Société

La plus grande pagode d’Europe a ouvert à Evry pour accueillir des bouddhistes du monde entier.

D’après un article PARIS MATCH FRANCE de Léa Bitton

Des centaines de fidèles s’agenouillent devant un gigantesque bouddha scintillant. La scène évoque l’Asie mais se déroule à Evry, en banlieue parisienne. La ville a inauguré récemment la « plus grande pagode d’Europe », qui accueille fin juillet des bouddhistes du monde entier. Onze vénérables, plus de 120 moines et nonnes, et des centaines de fidèles d’une quinzaine de nationalités se retrouvent dans le chef-lieu de l’Essonne pour le séminaire de la congrégation vietnamienne. Ce rendez-vous, organisé chaque année en Europe, fait étape à Evry – du 20 au 30 juillet – pour célébrer la fin de la construction du temple.

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Très similaire aux temples vietnamiens

Ses hauts murs jaune-orange ont été inaugurés au printemps, après plus de vingt ans de travaux. Avec ses 4 000 mètres carrés de terrain, ses deux « stupa » (tours), sa salle de prière de 500 mètres carrés et sa toiture orientale en tuiles vernissées traditionnelles, cette pagode a vu les choses en grand. Son ampleur en fait « un endroit très important, non seulement pour les bouddhistes vietnamiens en France, mais aussi dans toute l’Europe », a expliqué à l’AFP le vénérable Thich Nhu Dien, deuxième président de la Congrégation bouddhique vietnamienne unifiée en Europe.

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« Elle est très impressionnante car elle ressemble beaucoup aux temples qu’on trouve au Vietnam », estime Martin Ellis, un Britannique de 51 ans qui visite régulièrement le pays d’origine de sa femme. Le couple est venu du nord de l’Angleterre avec ses deux enfants pour le séminaire. Chaque matin, tous se lèvent à l’aube pour prier à 6 heures au rythme des tambours, cloches et cymbales, sous le regard d’une statue de Bouddha de cinq mètres de haut, recouverte de feuilles d’or.

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Evry, une ville multiculturelle

Entre les offices religieux et les repas végétariens, les journées sont rythmées par l’étude du « dharma ». Un enseignement bouddhiste, dispensé chaque jour en vietnamien. Les débutants abordent notamment la vie de Siddharta Gautama, fondateur du bouddhisme il y a 2 600 ans en Inde. « C’est difficile, je ne parle pas la langue, donc je compte beaucoup sur ma femme », s’est amusé l’Anglais. Vendeur de disques, il marche sur le chemin de l’éveil depuis deux ans.

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Derrière la salle de prière, l’hôtel des patriarches, où les moines saluent les défunts après chaque prière, accueille une grande photo du vénérable Thich Minh Tam. Le fondateur de la pagode est décédé en 2013, avant l’aboutissement du projet. Mais si cet exilé vietnamien a choisi Evry pour poser la première pierre en 1995, c’est parce que « c’était une ville multiculturelle », a rappelé Ong Kim Ngon, secrétaire de l’association bouddhique Khanh Ahn, gestionnaire de la pagode.

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Entièrement financé par les fidèles

À l’époque, la mosquée, une des plus grandes du Vieux continent, et la cathédrale de la Résurrection viennent de sortir de terre. La ville nouvelle héberge aussi deux synagogues et un temple protestant. Chiffrée à sept ou huit millions au départ, la pagode a finalement coûté 22 millions d’euros. Une facture « entièrement financée par les dons de fidèles de France et du monde entier », précise Ong Kim Ngon. Aujourd’hui encore, l’Église bouddhique unifiée du Vietnam est placée sous liberté surveillée par le régime communiste de Hanoï – à l’instar du dalaï-lama et de ses fidèles tibétains en Chine.

En France, la diaspora dispose désormais d’un vaste lieu « pour transmettre la tradition ‘mahayana’ », majoritaire chez les Vietnamiens, s’est réjouit Ong. La pagode Khanh Anh revendique ainsi 30 000 sympathisants, selon lui. Mais que les fidèles suivent cette voie, dite du « grand véhicule », celle du « theravada » (« petit véhicule »), ou bien celle du « vajrayana » (« véhicule du diamant », voie enseignée par le dalaï-lama), il y a « peu de différences au final », sourit le vénérable Thich Nu Dien.

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« Si vous m’aviez rencontrée il y a dix ans, je n’étais pas la même », a assuré Tran Thi My Cong. « J’ai diminué ma colère, je suis beaucoup moins aigrie », a expliqué cette comptable belge de 64 ans. « Avec le bouddhisme, on propage la compassion et on se libère de ses souffrances », a résumé la Bruxelloise.

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