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Mais au fait, pourquoi mange-t-on de la galette des rois ?

La galette des rois est souvent fourrée à la frangipane dans nos régions. | © PHOTOPQR/LE PROGRES/Maxime JEGAT

Société

La galette des rois n’est pas tout à fait catholique.

 

Chaque année, après les fêtes de Noël et de Nouvel an, c’est au tour de la galette des rois de ravir nos palets. Mais si cette tradition permet de déguster des excellentes tartes aux saveurs de frangipane et de fêter l’Epiphanie, ce n’est pas son ultime but.

Tradition religieuse ?

Dans l’Express, Nadine Cretin, historienne des fêtes spécialisée en anthropologie religieuse explique : « Le partage de la galette n’a rien à voir avec la religion. Cela faisait partie des célébrations autour du solstice d’hiver, propice aux divinations. Les chrétiens la mangent lors de l’Épiphanie et la célébration des rois mages. Cependant luthériens, calvinistes et certains catholiques se sont opposés à cette coutume païenne, comme le prouve les discours du chanoine de Senlis en 1664, qui n’approuvait pas le côté festif de la galette. » Cette galette des rois ne tient donc pas son origine dans la religion chrétienne. Même si l’Epiphanie est l’occasion de déguster ce met.

Dans la tradition chrétienne, la galette des rois commémore les rois mages venus présenter leurs dons à la naissance de Jésus. La coutume était de désigner le roi ou la reine du jour au moyen d’une fève noire ou blanche qui était cachée dans la galette. L’épiphanie a lieu le vendredi 6 janvier, soit 12 jours après la naissance du Christ.

Mais en 1802, d’après un décret du cardinal Caprara, légat du pape Pie VII, cette date est modifiée au profit du premier dimanche de janvier (excepté si cela tombe le 1er janvier). La galette des rois est dégustée en ce jour chaque année. Cette année 2023, cette galette des rois se déguste donc en principe le dimanche 8 janvier.

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Pour ce qui est de la galette en elle-même, détrompez-vous, elle n’est pas forcément à la frangipane. « On ne sait pas comment on en est arrivés au gâteau, explique encore Nadine Cretin. Mais la coutume du partage est ancienne. La pâtisserie change en fonction de la région et du pays. Ainsi au Danemark, une amande est cachée dans du riz bouilli. En France, chaque région à son gâteau : ‘gâteau des rois’ en Provence, en Aquitaine et en Languedoc, ‘pogne’ ou ‘épogne’ dans le Dauphiné, ‘garfou’ ou ‘galfou’ en Gascogne et Béarn, ‘galette des rois’ en Ile-de-France, Dreykönigskuchen en Alsace… Certains sont fourrés à la frangipane, mais d’autres sont briochés, à la fleur d’oranger, aux fruits secs…« 

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