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Welcome (back) to the Jungle : bientôt de nouveaux centres d’accueil pour migrants à Calais

Objectif : éviter que les migrants ne vivent dans les rues | © Belga / AFP PHOTO / DENIS CHARLET

Société

Cet automne, le démantèlement de la « jungle » de Calais avait conduit au déplacement de 5 600 migrants. Dix mois après avoir tout évacué, le gouvernement français fait volte-face et prépare l’ouverture de nouveaux camps. 

En octobre dernier, François Hollande avait annoncé la fermeture de la jungle de Calais, où résidaient près de 6 000 migrants parmi lesquels plus de 1 200 enfants non accompagnés. Une décision applaudie par le Haut Commissariat des Nations-Unies aux réfugiés (HCR), qui réclamait depuis longtemps la fermeture de ces camps d’accueil de fortune, soulignant des conditions de vie déplorables, des infrastructures d’hygiène insuffisantes, des conditions d’insécurité et une pénurie de services essentiels.

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Des hébergements d’urgence partout

Seulement voilà : « jungle » ou pas, les migrants ont continué d’arriver sur le sol français, le flux migratoire étant notamment alimenté par le conflit interminable en Syrie. Faute de lieux d’accueil suffisants, nombreux sont les migrants forcés de vagabonder et de trouver des abris de fortune dans les rues. Une situation inacceptable pour Emmanuel Macron, qui l’a fait savoir le 28 juillet dernier : « je ne veux plus d’ici la fin de l’année avoir des hommes et des femmes dans les rues, dans les bois. Je veux partout des hébergements d’urgence ». En ce compris à Calais.

Deux nouveaux centres

Et la ville côtière du Nord de vivre un véritable volte-face : dix mois après le démantèlement de la jungle, le Ministère de l’Intérieur a annoncé l’ouverture de deux centres d’hébergement dans la région avec une capacité totale de 300 places. Lundi, le Conseil d’Etat avait ordonné à la ville de Calais de prendre en charge les 600 migrants qui errent aux abords du tunnel et des ferrys pour la Grande-Bretagne.

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Besoins élémentaires

Dans un arrêt, il avait estimé que « la prise en compte par les autorités publiques des besoins élémentaires des migrants qui se trouvent présents à Calais en ce qui concerne leur hygiène et leur alimentation en eau potable demeure manifestement insuffisante et révèle une carence de nature à exposer ces personnes, de manière caractérisée, à des traitements inhumains ou dégradants, portant ainsi une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale ».

Décision contestée

Pour subvenir aux besoins élémentaires des 600 migrants qui errent dans la commune, des blocs sanitaires mobiles seront installés. Une décision que la Maire Les Républicains, Natacha Bouchart conteste. Elle a ainsi déclaré qu’elle n’installerait ni douches ni toilettes « de peur que se recréent des bidonvilles aux alentours ». Et d’ajouter que « si le gouvernement veut le faire, il devra réquisitionner un terrain ». La vi(ll)e est une jungle.

 

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