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Quand un missile nord-coréen passe à proximité d’un avion Air France Tokyo-Paris

À cent kilomètres près, soit sept minutes de vol. | © AFP PHOTO/KCNA VIA KNS

Société

On a « frôlé » la catastrophe. Vendredi dernier, le missile intercontinental tiré par la Corée du Nord a croisé la trajectoire d’un vol Air France Tokyo-Paris avec 332 passagers à bord.

L’histoire fait froid dans le dos et rappelle que le 17 juillet 2015 le vol MH17 a été abattu par un missile au-dessus de l’Ukraine avec 298 personnes à son bord – l’enquête internationale a démontré la responsabilité des indépendantistes russes, ce que nie toujours Moscou. Vendredi dernier, le régime dictatorial de Pyongyang a testé un nouveau missile intercontinental qui a terminé quant à lui sa course en mer du Japon. Selon les analyses de FlightRadar24 et des forces d’autodéfense japonaises citées par CNN, sa trajectoire a frôlé un vol Air France Tokyo-Paris à cent kilomètres près, soit sept minutes de vol.

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Sans incident signalé pour Air France

Existe-t-il un danger ? Dans une déclaration faite à ABC News, Air France a déclaré que les zones de test de missiles de la Corée du Nord « n’interfèrent en aucune façon avec les trajectoires aériennes d’Air France » et que le vol a été effectué « sans incident signalé ». « En outre, en collaboration avec les autorités, Air France analyse constamment les zones de survol potentiellement dangereuses et adapte ses plans de vol en conséquence ». Sollicitée par RFI, la compagnie a même précisé que « les autorités japonaises ont publié, le 28 juillet 2017, a posteriori du lancement du missile nord-coréen, deux NOTAM (messages aux navigants aériens) comme cela a été fait lors des derniers lancements de missile dans cette zone. Outre le fait qu’au moment de leur diffusion l’événement était déjà passé, ces deux NOTAM ne précisaient aucune indication ou instruction nécessitant une action opérationnelle de la part d’Air France ».

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Un message rassurant mais cela n’empêche pas les autorités américaines de prendre très au sérieux les risques encourus par les avions commerciaux. Le 4 juillet dernier, le porte-parole du Département de la Défense Jeff Davis avait mentionné les dangers du tir d’un missile dans un espace aérien très dense. « Les Nations responsables » préviennent les compagnies aériennes et les autres pays en cas de test de missile balistique, a-t-il indiqué sur CNN. Ce ne fut pas le cas ici.

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