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À 20 ans, elle filme son périple de la Syrie à l’Autriche

Vidéo Société

Dans une vidéo mise en ligne par The Guardian, une jeune Syrienne filme son périple de Kobané à Vienne.

«Je veux un futur. J’ai 20 ans et je n’ai rien eu d’autre que ça… » Rania Mustafa Ali s’apprête à partir pour un long et difficile périple. Dans les ruines de Kobané, la jeune Syrienne originaire de Raqqa rit de son incapacité à utiliser une caméra, sa nouvelle meilleure amie pour les prochains mois. Son but ? Rejoindre l’Europe et filmer son odyssée.

Publiée par le journal britannique The Guardian, la vidéo de 22 minutes intitulée « Escape from Syria : Rania’s odyssey » donne un aperçu de plusieurs mois de fuite et met en images la dure réalité des routes migratoires, parcourues par des milliers de Syriens depuis le début de la guerre.

Une traversée dangereuse

« Traverser la mer va être effrayant, mais bien moins que les horreurs qu’on a vues en Syrie. Autrement les Syriens ne risqueraient pas la traversée ». Une traversée de la mer Égée qui sera effectivement terrifiante, après un passage « compliqué » de la Syrie à la Turquie. Avant d’embarquer dans un bateau pour la Grèce, Rania confie sa peur et retient ses larmes, avant de couper la caméra. On la retrouve ensuite en pleine mer avec Ayman, son ami syrien retrouvé en Turquie. « Comme d’habitude, le passeur est un salaud. On est 52 adultes, sans compter les enfants, dans un bateau conçu pour 15 », explique-t-il. Ensuite des cris : « On va se noyer ! On est en train de couler par l’arrière ». Puis la caméra s’éteint à nouveau.

Casser les clichés

Récupérés par un autre bateau, Rania et son ami vont bien. S’en suit alors un périple tout aussi éprouvant pour enfin pouvoir prendre un avion d’Athènes à Vienne. Habillés en touristes et avec de fausses cartes d’identité bulgares, ils embarquent sans problème.

En 22 minutes, on est passés du rire aux pleurs, de l’espoir à l’inquiétude. On a regardé les scènes de violence et d’arnaque, indignés et révoltés.

Un document nécessaire pour casser les clichés et montrer que les migrants partent la boule au ventre, quittent leur famille et leurs repères sans savoir ce qui les attend. « Pour les gens, ici, c’est une zone de guerre. Alors que pour nous, c’est la maison », dit-elle avant son départ. Un reportage brut et sans sensationnalisme.

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