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Les éleveurs dénoncent le scandale des oeufs contaminés

La crise rappelle "les travers de l'industrie de masse" | © Flickr @ Gord Iversen

Société

La nouvelle a fait grand bruit : des millions d’oeufs ont été contaminés au pesticide en Hollande, avant d’être distribués en Allemagne, en France et en Suisse. Et en Belgique, où l’Afsca n’a pas immédiatement révélé l’affaire. Une injustice que les éleveurs dénoncent. 

Il n’y a pas si longtemps, les petits producteurs belges clamaient « Je suis tarte au riz » ou « Je suis fromage de Herve » pour défendre deux produits menacés par l’Afsca. En cause, les normes de production, et les dangers du lait cru pour la santé. Des mesures de précaution que l’Afsca n’applique vraisemblablement pas aux insecticides dans l’alimentation. L’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire était en effet au courant depuis juin de l’existence des oeufs contaminés. Une information qu’elle n’a pas cru bon de divulguer, déclenchant la colère des consommateurs, mais aussi du Mouvement d’Action Paysanne.

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Pour ce syndicat fermier indépendant, dont l’objectif principal est l’éducation, le scandale et la manière dont l’Afsca a géré l’affaire révélent une fois de plus « les travers de l’industrie de masse. Ce sont uniquement des poulaillers industriels qui sont en cause, et l’Afsca a une fois de plus appliqué la règle du « deux poids, deux mesures ».

Deux poids, deux mesures

Ainsi que le dénonce le Mouvement d’Action Paysanne, « Les producteurs, fermiers, bouchers, boulangers…sont durement sanctionnés au moindre écart et même en respectant les normes européennes. Les analyses, coûteuses ( mais oh combien obligatoires ! ), mettent en péril la marge déjà faible qui leur assure un revenu, ils sont contraints de consentir à des investissements importants ou de définitivement jeter l’éponge. Mais les structures industrielles passent, elles, une fois encore allègrement au travers des mailles du filet ! ».

Revoir les structures

Un modèle dont le Mouvement d’Action Paysanne ne veut plus. « Bien au delà de la mission d’un organisme public qu’on l’on peut à nouveau mettre en doute, c’est ici, une fois de plus, clairement, le modèle agricole industriel que l’on doit remettre en question. Le modèle d’agriculture paysanne est d’avenir et capable de garantir qualité et sécurité alimentaires ».

Changer la recette

Et pour y arriver, le changement, c’est maintenant. « Puissent les consommateurs tirer de réelles conclusions de cette nouvelle crise, et prendre conscience des enjeux. Il faut défendre et promouvoir la multiplication des petites structures paysannes. Mais aussi et surtout se donner les moyens de choisir son alimentation, et se réappropriai sa souveraineté alimentaire. Voici les armes que nous avons chacun et chacune en main ».

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