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La Turquie va transférer Loup Bureau dans une prison plus isolée pour « rendre sa défense plus difficile »

Actuellement, son avocat turc le voit tous les deux jours, ce qui ne serait plus possible. | © Capture d'écran Facebook

Société

Les autorités turques projettent de transférer le journaliste indépendant Loup Bureau dans une prison plus difficile d’accès, a indiqué mardi son avocat, Martin Pradel, à l’agence Belga. Il appelle le gouvernement français à intervenir.

Étudiant à l’IHECS à Bruxelles, le journaliste indépendant français est détenu depuis le 26 juillet par les autorités turques, qui lui reprochent un reportage réalisé en 2013 pour TV5 Monde auprès des combattants kurdes en Syrie (YPG), une organisation considérée comme terroriste par la Turquie. « Pour les autorités turques, ce reportage est le marqueur d’une adhésion à une organisation terroriste », explique son avocat, Martin Pradel, qui se dit inquiet. « Je voudrais qu’elles reviennent à la raison, cela ne peut pas être qualifié de terrorisme. Elles doivent abandonner les charges. Les journalistes ne demandent que l’autorisation de faire leur métier ».

Les enquêteurs ont saisi l’ordinateur de Loup Bureau. « Mon idée est qu’ils cherchent une autre raison de le poursuivre », selon Me Pradel.

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L’avocat, qui travaille en collaboration avec un confrère turc, craint que le transfert du journaliste de son lieu de détention actuel à Sirnak (sud-est) vers une prison à Van (est), à de nombreuses heures de route, ne l’isole davantage, au détriment de sa défense. Actuellement, son avocat turc le voit tous les deux jours, ce qui ne serait plus possible.

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La défense demande dès lors aux autorités françaises d’intervenir. Elles auraient déjà reçu l’autorisation de se rendre à la prison de Sirnak, ce qu’empêcherait un transfert du journaliste. S’agissant d’un dossier d’anti-terrorisme, les procédures pourraient durer plusieurs mois si les autorités turques n’abandonnent pas les poursuites, souligne Me Pradel.

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