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Quand les Japonais inventent le « hand spinner » de luxe

Hiroshi Tsukada manipule un "hand spinner" de NSK, dans l'usine de Fujisawa, au Japon. | © TORU YAMANAKA / AFP

Société

La frénésie des « hand spinners » est aussi l’occasion de prouesses technologiques. L’entreprise japonaise NSK s’en sert pour faire la démonstration de la supériorité de ses roulements à billes.

Avec une rotation continue de plus de douze minutes, un « hand spinner » de luxe japonais élève le niveau de compétition et prouve surtout – c’est le but – la qualité des roulements à billes de la maison NSK.

Les Japonais sont connus pour être des perfectionnistes qui ne se satisfont pas de demi-mesures et c’est là une de leurs forces dans le « monozukuri » (fabrication d’objets), particulièrement quand il s’agit de composants de précision.

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Quand ils ont vu les modèles classiques de « hand spinner » faire un tabac auprès des adolescents en Europe, aux États-Unis ou au Japon, le sang des techniciens de NSK Micro Precision, filiale de NSK, n’a fait qu’un tour, tous persuadés qu’avec les roulements à billes de l’entreprise (employés dans des satellites, des disques durs, et maintes autres machines), il était possible de concevoir la Rolls du « hand spinner ».

« Saturn Spinner »

L’objet circulaire doré, appelé « Saturn Spinner », qui fait penser à un gouvernail, repose sur « un des roulements à billes de la maison dont la rotation est la plus fluide, un modèle similaire à ceux employés dans des disques durs particuliers », précise le patron de l’entreprise, Toshikazu Ishii.

Pour arriver à une rotation continue excédant douze minutes (deux à quatre fois plus que la plupart des modèles du marché), il faut aussi générer et entretenir une force centrifuge importante, selon lui. Pour augmenter cette dernière, « nous avons ajouté des poids sur la partie extérieure du cercle », explique-t-il.

Une vidéo de démonstration publiée par NSK

La Rolls Royce des toupies

À l’instar de composants électroniques, les « Saturn Spinner » sont fabriqués dans une « salle blanche » de l’usine de Fujisawa (banlieue de Tokyo), lieu aseptisé où les salariés, passés sous des douches d’air chassant la moindre poussière, œuvrent en tenues blanches, gantés, masqués et coiffés d’un bonnet. Il ne faut surtout pas que le mouvement des roulements soit grippé par une saleté.

Les Saturn Spinner sont testés un à un et ceux qui ne franchissent pas la barre des douze minutes sont démontés, nettoyés, réassemblés et retestés jusqu’à ce qu’ils soient certifiés « conformes » pour être vendus à quelques passionnés.

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Celui testé par l’AFP, bien qu’ayant trois fois arrêté sa course à dix minutes, est quand même parvenu à atteindre 13 minutes et 35 secondes. Le prix est à l’avenant : 17 280 yens, soit quelque 130 euros, contre 2 à 10 euros seulement pour les toupies qui ont envahi les cours de récréation au printemps.

L’accessoire, à qui l’on prête des vertus antistress, est né aux États-Unis dans les années 1990 et est réputé avoir servi à des fins thérapeutiques, notamment pour des personnes autistes ou hyperactives. Mais ce n’est que récemment que sa popularité a subitement explosé.

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