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Pourquoi la mobilisation politique peine à se mettre en place pour Loup Bureau

Cette campagne lancée ce mercredi a pour but d' "interpeller les politiques sur la situation de Loup qui est toujours plus inquiétante". | © Comité de soutien à Loup Bureau Facebook

Société

Alors que les ministres français s’apprêtent à partir en pause estivale, les proches de Loup Bureau rappellent qu’ils n’ont toujours pas réagi à la détention de ce journaliste indépendant français qui rêverait, lui, « de reprendre le travail ». Du côté belge, Didier Reynders a réagi.

La vague de soutien à Loup Bureau, journaliste indépendant français et étudiant à l’IHECS, continue et s’amplifie. Au lendemain de l’annonce de son transfert dans une prison plus isolée, ses proches, inquiets, ont décidé de lancer une action sur Twitter, destinée aux ministres et députés français qui n’ont fait aucune communication officielle à ce sujet.

C’est un peu une course contre la montre depuis qu’on a appris pour son potentiel transfert.

Depuis ce mercredi matin, les tweets appelant les différentes personnalités politiques à réagir s’enchaînent, avec toujours le même hashtag #FreeLoupTurkey. Les messages sont également complétés par une photo du journaliste sur laquelle est inscrit un message fort : « Lorsque vous partez en vacances, d’autres rêvent de reprendre le travail » ou encore « Chers Ministres, vous partez en vacances. N’oubliez pas (de faire) vos devoirs ». Ces derniers rappellent aussi que ce sont près de 133 journalistes qui sont actuellement emprisonnés en Turquie.

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Certains politiques, comme Benoît Hamon et Harlem Désir, chargé de la liberté de la presse à l’OSCE, s’étaient déjà exprimées plus tôt dans la semaine, appelant à la libération immédiate du journaliste. « On a envoyé des mentions de tweets à beaucoup de députés, certains ont réagi (…). Ils soutiennent et ils vont en parler, explique Benoît du Comité de Soutien et ami de Loup Bureau. On a donc eu des retours positifs de députés, de ministres pas encore. Mais cela ne fait pas avancer le schmilblick pour autant ». Une autre campagne visant plus précisément Jean-Yves Le Drian, le Ministre des Affaires étrangères a également été lancée sur les réseaux sociaux et d’autres actions vont suivre prochainement « pour encore interpeller les politiques sur la situation de Loup qui est toujours plus inquiétante ».

« Il faut désormais afficher une certaine fermeté »

Dans un entretien à Libération, l’un des avocats de Loup Bureau, Martin Pradel, dénonçait l’absence de réaction du côté politique français : « Je veux bien qu’il y ait de la retenue au regard du jeu diplomatique particulièrement compliqué de la région, mais il faut désormais afficher une certaine fermeté. Loup Bureau est détenu pour le simple fait qu’il est journaliste. Je demande aux autorités françaises de s’opposer formellement au transfert de Loup Bureau vers la prison de Van », située près de la frontière iranienne à plusieurs centaines de kilomètres de sa prison actuelle. Un transfert qui empêcherait Loup Bureau de voir son avocat turc régulièrement dans le but de « rendre sa défense plus difficile ». « Cette décision étant encore une fois purement administrative, la France peut la contester afin que Loup bénéficie d’une défense de plein droit », soulignait son avocat.

Et du côté de la Belgique ?

Ce mardi, une lettre ouverte a été adressée à Didier Reynders, le ministre des Affaires étrangères, pour l’interpeller sur la situation de Loup Bureau et lui demander d’intervenir dans sa libération. « Nous vous demandons, monsieur le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, de tout mettre en œuvre pour accélérer la libération de Loup et de joindre vos efforts à ceux des autorités de la République française afin de permettre à cet étudiant de revenir en Belgique terminer ses études dans les meilleures conditions », stipule la lettre signée par diverses organisations étudiantes, universitaires et journalistiques.

Didier Reynders a réagi ce mercredi, expliquant que « des contacts ont immédiatement été pris avec les autorités françaises afin de s’informer des démarches entreprises dans le cadre de l’assistance consulaire à leur ressortissant », rapporte BX1. La Belgique peut offrir une « assistance à titre humanitaire » à Loup Bureau en raison de sa nationalité française. « La Belgique continue à défendre la liberté d’expression et de la presse dans ses contacts bilatéraux, y compris avec la Turquie », conclut le ministre. Du côté de la France, les réactions et actions sont, à ce jour, toujours absentes.

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