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Oeufs contaminés : les produits dérivés finiront-ils tous à la poubelle ?

En plein ramdam médiatique et politique, la psychose sur les risques présentés par les œufs contaminés continue de hanter les cuisines. | © Flickr : internets_dairy

Société

Tandis que la procédure de destruction des œufs contaminés est encore en cours, les produits dérivés potentiellement infectés par le fipronil resteront sur le marché.

Et si les produits à base d’œufs étaient aussi contaminés par le fipronil ? C’est le risque qu’évoquait encore récemment le député écolo Jean-Marc NolletEn cause, le manque d’informations sur l’utilisation possible du fipronil en Belgique. Répertorier avec précision les produits industriels fabriqués et vendus avec des œufs contaminés s’annonce être un vaste projet.

Mayonnaise, brioches ou crème anglaise ; faut-il alors se débarrasser de tout ce qui – de près ou de loin – contiendrait de l’œuf ? Si l’Afsca a récemment publié la liste des codes d’œufs à ne pas consommer (mesure de précaution oblige), aucune recommandation n’a été soulevée en ce qui concerne les produits dérivés. Car non, un clafoutis contaminé au fipronil ne représente pas de réel danger pour la santé, assure l’Agence.

© AFP PHOTO / ANP / Patrick HUISMAN

Entre scandale et confusion

En plein ramdam médiatique et politique, la psychose sur les risques présentés par les œufs contaminés continue de hanter les cuisines. Et ce, malgré les résultats publiés par l’Afsca qui démontrent que le taux détecté de cet insecticide potentiellement dangereux pour l’homme demeure largement inférieur au seuil européen de toxicité.

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« Le problème, c’est la grosse confusion entre le fait qu’une denrée alimentaire soit non conforme par rapport à la réglementation européenne et le fait qu’elle soit réellement dangereuse pour le consommateur », souligne le porte-parole de l’Afsca Jean-Sébastien Walhin. « Ici, les œufs étant non conformes, on effectue une mesure de blocage pour retirer le produit du marché et le détruire. Mais ça ne veut pas dire qu’il soit dangereux pour le consommateur », explique-t-il.

Pas de mayonnaise sans casser des œufs

Si pour un produit emballé ou transformé, il est toujours possible d’effectuer une procédure de réétiquetage, l’œuf n’a d’autre choix que celui de finir à la poubelle. Une vaste opération de blocage qui se poursuit sur le terrain. « Nos contrôleurs et inspecteurs se rendent directement dans les entreprises pour dresser tout le listing et la traçabilité de leur production », explique l’Afsca. « On regarde chez quels clients ont été livrés les produits contaminés puis on bloque tous les clients concernés pour détruire les œufs qui leur sont parvenus. » Ainsi, restaurants et magasins sont débarrassés de toute contamination.

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Concernant les produits transformés en revanche, rien ne bouge. « Étant donné le facteur d’incorporation d’un œuf dans les denrées alimentaires transformées, il n’y a pas lieu de prendre des mesures particulières par rapport aux produits à base d’œufs », rassure M. Walhin. « Il faudrait par exemple manger – en une fois – 1,7 kilos de mayonnaise composée de 5% d’œufs pour qu’il y ait un risque réel au niveau de la santé », conclut-il. Les données toxicologiques le prouvent : « on est encore très loin d’une quelconque inquiétude au niveau de la santé ».

© BELGA PHOTO : DIRK WAEM

Gâchis financier

En plus de coquilles d’œufs, la benne à ordures risque également de se remplir de billets. Car si la sphère politique n’est pas encore en mesure d’évaluer les pertes générées par cette crise, le syndicat agricole flamand Boerenbond a déjà estimé des pertes financières atteignant la barre des dix millions d’euros. Tandis que le gouvernement a décidé de soutenir le secteur avicole, la surveillance sur le terrain a tout intérêt à être la plus efficace et la plus rapide possible.

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En effet, autant les exploitations de poules pondeuses que les autres exploitations de volailles (élevages, reproduction) ont été bloquées et des échantillons ont été prélevés. À l’heure actuelle, selon les chiffres communiqués par l’Afsca, 27 entreprises de poules pondeuses ont été libérées et 21 demeurent encore bloquées.

Quinze pays de l’Union européenne, ainsi que la Suisse et Hong Kong, sont actuellement touchés par la crise des œufs contaminés au fipronil, a annoncé la Commission européenne ce vendredi 11 août.

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