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France : quand le prélèvement des loups tourne au « massacre »

En vingt jours, six loups ont déjà été abattus, selon les organisations de protection animale. | © EPA-PHOTO/KEYSTONE/WALTER BIERI

Société

Alors que trois louveteaux viennent d’être abattus en France, plusieurs associations demandent en urgence l’arrêt des tirs.

En attendant la mise en place du prochain plan loup 2018-2022, une vaste opération de protection des troupeaux contre le prédateur, le gouvernement français donnait récemment son accord pour abattre 40 loups d’ici juin prochain. Le but, limiter les dégâts des attaques de loups sur les troupeaux de l’hexagone.

Depuis l’entrée en vigueur de ce nouvel arrêté, six loups auraient déjà été éliminés, dont trois louveteaux abattus dans la nuit de mercredi 9 au jeudi 10 août dans les Alpes Maritimes.

À bout portant

Effectué par la brigade loup de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), le « prélèvement » de ces trois louveteaux (comprenez l’abattage) s’est déroulé « à proximité d’un troupeau de moutons qui avait déjà subi de nombreuses attaques », a indiqué la préfecture française. Si pour cette dernière, cette décision intervient « conformément à l’arrêté en vigueur qui autorise ces prélèvements » et « dans un souci d’équilibre entre la préservation de l’espèce et la protection des troupeaux », les organisations de défense animale dénoncent un « massacre » effectué dans la précipitation ainsi que des « mesures inefficaces » qui « aggravent le problème ».

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« Vingt jours après l’entrée en vigueur du nouvel arrêté autorisant l’abattage de 40 loups, six loups ont déjà été tués dans la précipitation, sans qu’on sache si les troupeaux étaient efficacement protégés au moment du tir », a annoncé l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS) dans un communiqué. Face à « un plan loup qui tourne au massacre », plusieurs associations ont interpellé le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot en exigeant de « freiner la tuerie en cours ».

Menace sur les troupeaux

L’association française de protection des ours, des loups et des lynx (Ferus) remet quant à elle en question la nécessité du prélèvement de loups et notamment de leurs petits. « Comment des louveteaux peuvent-ils menacer un troupeau ? Celui-ci était-il bien protégé ? », s’interroge Jean-François Darmstaedter, son président.

Les associations comptent ainsi sur « la remise à plat complète promise par Nicolas Hulot »  en septembre prochain qui devra « être fondée sur des bases factuelles, scientifiques, donc réalistes et non sur des élucubrations germées dans l’inexpérience, et la peur », conclut l’ASPAS.

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Le nouveau plan Loup, devrait être mis en oeuvre à partir de début 2018, a pour objectif de concilier la cohabitation entre une espèce protégée en Europe et l’élevage dans les départements où le prédateur est présent.

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