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Bruxelles : quatre bébés sur dix naissent dans la misère

En Belgique, deux enfants sur dix naissent sous le seuil de pauvreté. | © Belga

Société

Une étude réalisée par l’ULB  révèle des chiffres inquiétants sur la pauvreté infantile en Belgique. Pour la Fondation Roi Baudouin qui a soutenue la recherche, il est urgent d’agir.

À Bruxelles, plus de quatre enfants sur dix voient le jour dans la misère. En d’autres termes, 43% des enfants naissent dans une famille à revenus très faibles (en-dessous de 867 euros par mois si le parent est seul), rapportent la Libre Belgique et De Standaard ce mercredi 1er février. Autre chiffre marquant : un nourrisson bruxellois sur six naît dans une famille monoparentale, la moitié des mères bruxelloises étant inactives avec 72% des ménages vivant sous le seuil de pauvreté.

Encore plus grave à Charleroi et à Liège

Une étude de l’école de santé publique de l’ULB, soutenue par la Fondation Roi Baudouin (FRB), montre que le taux de pauvreté infantile est dramatiquement élevé dans la capitale. En comparant les cinq grandes villes de Belgique, les chiffres démontrent que la situation est encore plus grave à Charleroi et à Liège. La capitale du Pays noir et la Cité Ardente recensent entre 30 et 40% de ménages sans revenus du travail et avec des mères monoparentales.

Des chiffres variables d’une nationalité à l’autre

Dans le cadre de cette recherche, les calculs ont été effectués à partir des données disponibles pour l’ensemble des naissances recensées à Bruxelles entre 2004 et 2010. Parmi les ménages en situation de précarité au moment de la naissance, 80% concernent des mères d’origine non européenne, soulève l’étude. Les chiffres varient d’une nationalité à l’autre : 70% des petits Bruxellois dont la mère est originaire d’Afrique subsaharienne naissent sous le seuil de pauvreté. C’est la communauté la plus « à risque », avant les petits Maghrébins (65%), les enfants dont la mère vient d’Europe de l’Est (61%) ou de Turquie (60%).

À Bruxelles, les bébés les plus exposés au risque de pauvreté sont originaires d’Afrique subsaharienne. ©Belga.

Des risques plus élevés pour les enfants issus de l’immigration

Le taux de pauvreté des petits Bruxellois d’origine belge est lui comparable à la moyenne nationale : 18,3%. Si les enfants de mères immigrées ont un risque plus élevé de décéder entre la 22ème semaine de grossesse et le 7ème jour de vie que les bébés belgo-bruxellois, ils ont en revanche moins de risque (à autres conditions égales) d’afficher un poids faible, révélateur de conditions défavorables au développement. Conclusion des chercheurs : si le statut social augmente les risques pour la santé du bébé, l’origine étrangère les réduit.

(Avec Belga)

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