Aux États-Unis, plus de LGBT tués depuis janvier que sur toute l’année 2016

Aux États-Unis, plus de LGBT tués depuis janvier que sur toute l’année 2016

En 2016, on recensait 28 homicides motivés par la haine de personnes LGBT. | © Flickr : mathiaswasik

Société

Une étude rapporte qu’en un peu plus de huit mois, les États-Unis comptabilisent plus de victimes LGBT que sur toute l’année 2016.

33. C’est le nombres de meurtres causés par les LGBTphobes aux États-Unis depuis le début de l’année. Cinq homicides de plus que sur toute l’année 2016, rapporte BuzzFeed News ce vendredi 11 août, et ce sans compter les 49 victimes du massacre homophobe survenu à Orlando dans le club gay « Pulse ».

En d’autres termes, alors qu’en 2016 la LGBTphobie tuait une fois tous les treize jours, elle le fait tous les six jours cette année. Des statistiques qui, pour les défenseurs des LGBT, devraient servir de « signal d’alarme ».

Hom(ophob)icides

Parmi les victimes de 2017, quinze étaient des femmes trans de couleur tandis qu’au moins douze étaient des hommes homosexuels, selon les chiffres de la Coalition nationale de programmes anti-violence (NCAVP) répertoriés sur l’entièreté du territoire U.S.

Pour parvenir à cette conclusion, la NCAVP a rassemblé les données des meurtres rapportés par les médias, les entourages des victimes et les autres organisations du pays, dès qu’il apparaissait que la victime était visée pour son identité de genre ou son orientation sexuelle. Pas de chiffres officiels donc, mais un constat alarmant sur l’augmentation des violences commises à l’encontre de la communauté LGBT.

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Si la NCAVP estime qu’il n’y a pas d’explication « claire » à cette augmentation d’homicides, elle évoque la combinaison des rapports médiatisés accrus, de l’identification plus précise des victimes par les forces de l’ordre et de l’éventuelle augmentation de la violence, qui pourrait la justifier. L’attention accrue des médias aux droits LGBT – et en particulier aux droits transgenres – au cours des derniers mois pouvant également faire partie de l’explication.

© Flickr : Victoria Pickering

La faute à Trump

Pour Beverly Tillery, cadre supérieur du projet anti-violence de la ville de New York, ce rapport doit constituer un « signal d’alarme » : « Que ce soit une augmentation des rapports médiatisés, une augmentation de la violence, ou une combinaison des deux, cela doit dans tous les cas être un signal d’alarme pour nos communautés. Cela nous montre que la violence ne disparaît pas, ne diminue certainement pas et qu’elle est symptomatique de problèmes plus profonds que nous n’avons toujours pas réglé. »

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Par ailleurs, c’est l’administration Trump et son retour sur des avancées de celle d’Obama qui sont remis en question. Pour Vanessa Panfil, professeure-assistante en sociologie et justice criminelle, la haine envers la communauté LGBT pourrait avoir été partiellement encouragée par le nouveau président démocrate qui, rappelons-le, s’était engagé lors de sa campagne à se battre pour la communauté LGBT alors que, depuis son élection, c’est tout le contraire qui se produit avec des mesures discriminatoires qui se multiplient.

© Flickr : mathiaswasik

Des chiffres en dessous de la réalité

Interrogé par BuzzFeed NewsDallas Drake, chercheur principal au Centre for Homicide Research, affirme que si le taux d’homicides chez les femmes trans et les homosexuels mérite d’être étudié, il n’y a aucun moyen de savoir s’il représente une augmentation réelle de la violence. Les chiffres de la NCAVP pouvant dès lors être « sous-estimés ». « Il y a beaucoup plus d’homicides de personnes LGBT que ce qu’ils déclarent », estime-t-il. « Généralement, ils ne signalent pas les communautés qui sont plus petites et où les cas ne sont pas facilement identifiables comme ceux des homicides LGBT ».

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Aux États-Unis, 28 États n’ont pas de lois protégeant les personnes LGBT des discriminations en matière de logement ou de travail, rappelle BuzzFeed. Si le Wisconsin et le New Hampshire ont quant à eux prévu ce type de lois, elles s’appliquent uniquement aux discriminations basées sur l’orientation sexuelle et non sur l’identité de genre.

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