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Scandale des œufs contaminés : le secteur sous contrôle

Après les premières fermetures d'entreprises suspectes, l'Afsca a mené plusieurs actions supplémentaires afin de déceler des traces de fipronil dans des œufs, des produits transformés et la viande de poulet. | © AFP PHOTO / JOHN THYS

Société

Sur base des multiples contrôles effectués dans le secteur, « tous les résultats confirment qu’il n’y a aucun risque pour la santé », rassure l’Afsca qui, pour le député fédéral George Gilkinet, n’est pas la seule à devoir porter le chapeau.

L’agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) a trouvé dans quelques magasins des œufs contaminés au fipronil qui font l’objet d’un rappel, des œufs dont les concentrations en fipronil sont très basses soit « très en-deça du niveau de référence européen », a insisté une porte-parole de l’agence.

Outre ses contrôles dans des élevages ou des abattoirs notamment, l’Afsca mène des contrôles dans le secteur de la distribution (magasins, supermarchés, restaurants, etc.). « Dans un nombre limité d’entreprises, il est apparu que les œufs avaient été insuffisamment retirés des rayons », explique-t-on à l’Afsca, sans davantage de précisions. Dans chaque cas, un procès-verbal a été dressé et les œufs ont été détruits.

Secteur sous contrôle

De faibles concentrations de fipronil ont été retrouvées dans sept entreprises considérées comme « non suspectes » au cours d’analyses complémentaires. Mais aucun danger pour la santé publique n’est à craindre, souligne l’agence ce mardi 15 août. L’insecticide n’ayant pas été détecté dans la viande des volailles. « Les entreprises concernées ont été immédiatement fermées et les œufs en provenance de ces sociétés ont été retirés du commerce et détruits », assure l’Afsca.

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Après les premières fermetures d’entreprises suspectes, l’Afsca a mené plusieurs actions supplémentaires afin de déceler des traces de fipronil dans des œufs, des produits transformés et la viande de poulet. L’agence a également prélevé 266 échantillons dans 178 entreprises qui n’étaient pas suspectes sur base de l’enquête judiciaire.

Avec ce monitoring sur les entreprises non suspectes, tout le secteur a été contrôlé. Tous les résultats confirment qu’il n’y a aucun risque pour la santé publique.

Seul un résultat se situe au-dessus des normes de référence européennes. Les œufs avec le code concerné (3BE3114) ont été retirés des rayons des commerces depuis le 8 août. Plus tôt, les deux seuls abattoirs de poules pondeuses en Belgique en également fait l’objet d’un contrôle. « Les 30 analyses exécutées sont toutes conformes. Aucune trace de fipronil n’a été retrouvée dans la viande », se félicite l’Afsca. Enfin, 13 analyses ont ciblé des ovo-produits de la période juin-juillet.

Le fait que tout le secteur a été contrôlé ne signifie pas que l’affaire est terminée pour l’Afsca. Plus tôt dans la journée, elle indiquait que 21 entreprises étaient encore provisoirement fermées. Les analyses se poursuivent, indique la porte-parole de l’institution.

« L’Afsca n’est pas la seule responsable »

Interrogé ce mercredi 16 août sur les ondes de Bel RTL, le député fédéral Georges Gilkinet que l’Afsca « n’est pas la seule responsable » dans le scandale du fipronil, rapporte le journal Le Soir. « Il n’y avait pas de contrôle particulier pour le fipronil », a-t-il expliqué en soulignant un « problème de traçabilité à long terme ». « On ne sait pas où tous les œufs contaminés depuis mai 2016 sont aujourd’hui dans la chaîne alimentaire », a-t-il ajouté.

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Pour le député Ecolo, le politique a également sa part de sa responsabilité dans l’affaire des œufs contaminés, précisant que l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire devrait être placée sous la tutelle de la ministre de la Santé plutôt que celle du ministre de l’Agriculture.

L’Afsca devrait agir dans une logique de santé publique et pas une logique agricole.

Pour M. Gilkinet, l’agence ne peut donc pas être la seule à être pointée du doigt.

– Avec Belga

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