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Loup Bureau : Son père parle de ses conditions de détention en Turquie

Loïc Bureau est intervenu sur le plateau de France 3 pour dénoncer l'emprisonnement de son fils en Turquie. | © BELGA/MAXPPP

Société

Emprisonné en Turquie depuis le 26 juillet, le journaliste indépendant français et étudiant à l’IHECS n’a depuis plus aucun contact avec l’extérieur.

 

Cela fait 23 jours désormais que Loup Bureau se retrouve derrière les barreaux en Turquie, dans la région de Silopi, en province de Sirnak, frontalière de l’Irak et de la Syrie. Il est accusé par le gouvernement de « participation à un groupe terroriste », pour avoir réalisé un reportage télévisé en 2013 pour TV5 Monde dans le Kurdistan syrien sur une unité de protection du peuple kurde (YPG), combattant contre l’État Islamique.

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« Pour les autorités turques, ce reportage est le marqueur d’une adhésion à une organisation terroriste », explique son avocat, Martin Pradel, inquiet de la situation. « Je voudrais qu’elles reviennent à la raison, cela ne peut pas être qualifié de terrorisme. Elles doivent abandonner les charges. Les journalistes ne demandent que l’autorisation de faire leur métier ». Car oui, Loup Bureau ne faisait qu’exercer son métier de journaliste. Et pourtant

Aucun contact avec l’extérieur

Alors qu’il devait être transféré dans une prison plus isolée pour « rendre sa défense plus difficile », Loup Bureau, 27 ans, est toujours détenu à la prison de Sinark (sud-est de la Turquie). Et vendredi dernier, le jeune homme a enfin pu recevoir une première visite consulaire et a également pu appeler son père, Loïc Bureau, et lui raconter ses conditions de détention. Des conditions des plus difficiles, dont il a parlé à la chaîne télévisée France 3. Loup est « seul dans une cellule minuscule. Pas un livre, pas un papier, pas un crayon. Il n’a pas reçu les colis que sa famille lui a fait parvenir et il n’a aucun contact avec l’extérieur. Il n’ose pas parler aux autres prisonniers. Il parle pourtant arabe, langue qu’il a apprise à l’université du Caire, car il craint que cette compétence soit interprétée par les autorités turques comme une preuve supplémentaire de sa ‘pseudo culpabilité’ ».

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« Cette situation est complètement ubuesque ! » a-t-il ajouté. « j’ai le sentiment que les autorités turques nous baladent ». Depuis le 6 août, un comité de soutien a vu le jour sur Facebook pour pouvoir suivre et relayer toute information concernant le journaliste français. Une trentaine d’intellectuels ont demandé sa libération et une pétition a également été mise en ligne sur le site change.org.

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