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Bruxelles, capitale mondiale de l’espionnage

Bruxelles est un des hauts-lieux de l'espionnage. | © Belga

Société

Moins glamour que James Bond, plus dangereux qu’OSS 117: ils viennent de Chine, d’Iran ou de Russie pour espionner entreprises et institutions. Face au nombre croissant d’espions dans la capitale, la Sureté d’Etat tire la sonnette d’alarme. 

Bruxelles, ses institutions, ses attractions touristiques, ses boutiques chics… et ses espions. Sous ses airs débonnaires, la capitale de l’Europe est en effet également un haut-lieu de l’espionnage : ils seraient plusieurs centaines, venus du monde entier, à y être en mission.
En 2012 déjà, Alain Winants, alors chef de la Sureté d’Etat, tirait la sonnette d’alarme. «  En Belgique, il y a une grande concentration de diplomates, d’institutions internationales et d’hommes d’affaires. Pour un agent de renseignement ou un espion, c’est le point de chute idéal  » soulignait-il, n’hésitant pas à comparer la situation à celle de la guerre froide. Les principaux coupables : la Chine, la Russie et l’Iran, mais aussi d’autres pays, considérés pourtant par la Belgique comme des voisins et amis.

Espionnage économique et institutionnel
C’est que les frontières entre nations amies et ennemies ont tendance à se brouiller quand il s’agit des secteurs scientifiques et économiques. Pour Alain Winants, pas de quartier :  « dans ces secteurs, la coopération laisse place à la plus grande prudence : chaque service est en compéttion avec les autres « . Le sujet de prédilection? Les politiques énergétiques des institutions européennes. Et Alain Winants d’affirmer que «Bruxelles est l’une des plus grandes, sinon la plus grande des capitales de l’espionnage».

 

Petit pays, grands enjeux
Et visiblement, depuis ses déclarations choc, rien n’a changé. Ainsi qu’on l’explique du côté de la Sureté d’Etat, « la Belgique est un petit pays, mais avec un rôle très important sur la scène internationale: on y trouve beaucoup d’institutions, ce qui en fait un terrain très propice pour les espions » . Qui se comptent par centaines à Bruxelles : « de tels chiffres sont conséquents, cela met Bruxelles sur le même pied que des villes telles que New-York et Genève, très prisées des espions ».
N’en déplaise à 007, ces derniers adoptent aujourd’hui un profil un peu plus discret.

Pseudo-journalistes & lobbyistes en toc
« La plupart sont ici pour faire  de l’espionnage politique ou économique. Les couvertures les plus populaires sont les métiers de journaliste ou de lobbyiste: il y en a tellement à Bruxelles qu’ils passent inaperçus. En plus, cela leur permet de rencontrer des acteurs clés« . Des figures d’envergure qui ne facilitent pas la tâche de la sureté : « en règle générale, les victimes d’espionnages ne parlent pas, même quand elles se rendent compte qu’elles ont été dupées. Il en va de leur réputation, mais cela témoigne aussi d’une peur de la concurrence très présente dans ces milieux« .
Mais la Sureté d’Etat n’abandonne pas le combat : le 13 juillet 2015, le Conseil National de Sécurité a approuvé le plan d’action proposé par la Sureté, qui met l’accent sur la lutte contre l’espionnage. Sans faire de vagues : « ici, ça ne se passe pas comme aux Etats-Unis où les arrestations sont trés publicisées. On préfère utiliser des méthodes douces et discrètes, en ne renouvelant pas les accréditations, par exemple » explique-t’on au sein du département presse de la Sureté.  Qui affirme ne pas compter d’espions dans ses rangs, illégalité du procédé oblige – dangereusement vôtre, certes, mais il ne faudrait pas oublier que tuer n’est pas jouer.

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