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Pourquoi l’Espagne reste un exemple en matière de lutte anti-terroriste

L'Espagne a changé d'approche après les attentats de Madrid | © Belga / AFP PHOTO / Pascal GUYOT

Société

Avant les attentats qui ont endeuillé l’Espagne ce jeudi, le pays n’avait plus été frappé par la terreur depuis 13 ans. Le 11 mars 2004, 191 personnes perdaient la vie à Madrid, et l’Espagne avait réagi au drame en adoptant une technique exemplaire de lutte anti-terroriste. 

Les deux piliers de la stratégie espagnole : la collaboration avec les pays limitrophes et le recours aux arrestations préventives. Une approche payante : interrogé par l’Express, Jean-Charles Brisard, le président du Centre d’analyse du terrorisme, a ainsi parlé de 700 islamistes arrêtés et 40 cellules terroristes démantelées depuis 2004.

Montré en exemple

De quoi susciter l’admiration des voisins européens. D’autant que les excellents rapports de voisinage que l’Espagne entretient avec le Maroc permettent aussi au pays d’assurer sa sécurité. Jusqu’aux attentats du 11 mars 2004, les services de renseignement visaient uniquement les terroristes basques de l’ETA. Dans la reconstruction post-Madrid, les services secrets se sont développés, et avec eux, une étroite collaboration pour traquer les terroristes islamistes.

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Coopération efficace

C’est ainsi qu’un accord conclu entre l’Espagne et le Maroc permet notamment le libre passage d’agent munis d’un passeport de service, permettant aux services de sécurité de circuler plus facilement. Et d’augmenter leur efficacité : en mai 2017, une cellule composée de trois membres de l’EI avait ainsi été démantelée en Espagne.

Belga / AFP PHOTO / Pascal GUYOT

Réformes du code pénal

Des arrestations facilitées par les réformes du code pénal entreprises après les attentats de Madrid. Dans un reportage d’Arte intitulé Espagne : un modèle anti-terroriste ?, le juge espagnol Javier Zaragoza explique que « nous avons dû entreprendre des réformes du code pénal pour incorporer de nouveaux types de délits. Par exemple, l’endoctrinement avec un terroriste est devenu un délit. Il y a aussi l’endoctrinement passif: quand quelqu’un se laisse embrigader, c’est aussi un délit. Le recrutement, le fait de se déplacer dans une zone de conflits aussi. Cette réforme pénale fait partie de ce que nous appelons la ‘réponse préventive’ à des activités, qui, si on les laisse impunies, vont générer un bouillon de culture propice à la fomentation d’actes terroristes ».

Prévenir et guérir

Et pour tenter de détruire ce dangereux bouillon de culture, la solution passe par la prévention mais aussi, la guérison. Pour y arriver, l’Espagne adopte une position à la croisée de la répression et de l’intégration, en mettant notamment en place des programmes de réinsertion sociale pour terroristes.

 

 

 

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