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Qui est Christopher Cantwell, le « nazi pleurnichard » de Charlottesville ?

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« Célèbre » pour ses propos racistes dans un reportage pour Vice News, Christopher Cantwell, l’un des manifestants nationalistes de Charlottesville qui est depuis recherché pour « usage illicite de gaz » et « blessure par produit caustique ou explosif » continue de faire parler de lui, que ce soit pour sa vidéo où il pleure ou encore de sa présence sur des sites de rencontre.

Avec la rédaction Paris Match France

Dans un reportage pour Vice News et HBO vu plus de trente millions de fois -tous réseaux sociaux confondus-, on voyait le militant nationaliste de 36 ans durant les manifestations de Charlotteville, et après les manifestations où, face à la journaliste de Vice, Christopher Cantwell tenait avec fierté des propos racistes, antisémites, et qui ont choqué des millions de personnes dans le monde. Il déplorait ainsi en des termes particulièrement obscènes le fait que « Donald Trump ait donné sa fille à un Juif ». Et concernant les victimes dont Heather Heyer, une jeune femme de 32 ans a perdu la vie, il avait ajouté : « Le fait que personne de notre côté ne soit mort, je dirais que c’est… un point pour nous. (…) Comme nos adversaires sont malheureusement des animaux stupides qui ne font pas attention, ils n’ont pas pu éviter la voiture » et que « beaucoup d’autres personnes vont mourir ».

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Quelques jours plus tard, le suprémaciste blanc s’était ensuite illustré dans une vidéo tournée durant le même week-end, sur laquelle il apparaissait les yeux bouffis par les larmes, apeuré, redoutant d’être arrêté par la police ou tué par des tierces personnes. On est bien loin de l’homme que l’on a vu quelques jours plus tôt, qui se vantait d’aller à la salle de sport tous les jours, qui brandissait ses nombreuses armes à la caméra et qui se disait être capable « d’encore plus de violence ». Comme le rapporte Boston Globe, Chris Cantwell est recherché pour « usage illicite de gaz » et « blessure par produit caustique ou explosif ». Ses larmes sur les réseaux sociaux lui ont rapidement valu le surnom de « weeping nazi », le « nazi pleurnichard » en français, qui se fait depuis tout petit.

Connu bien avant Vice News et Charlottesville

Mais bien avant le reportage de Vice News, le néo-nazi était déjà connu des forces de l’ordre et du public depuis plusieurs années.  Le Washington Post note que Cantwell est devenu une des personnalités emblématiques du rassemblement de l’extrême droite à Charlottesville. Il a fait l’objet de dizaines d’articles et ses propos lui ont valu d’être exclu de plusieurs réseaux sociaux dont Facebook, Twitter, sa chaîne YouTube et même son compte Paypal. L’AFP soulignait que Facebook avait banni Cantwell et d’autres personnalités après les événements du 12 août. Le Post indique par ailleurs que l’homme a également été banni de l’application Tinder et du site de rencontre OK Cupid où il rechercait une « femme blanche » avec qui se marier et avoir des enfants. Plusieurs médias américains avaient néanmoins eu le temps de retrouver le cache de son profil sur OK Cupid. À la rubrique « Je pense souvent à… », il avait indiqué : « Me marier, et comment empêcher le parti démocrate de détruire la civilisation occidentale ». Il précise également être « athéiste (mais ce n’est pas important) ».

Et Christopher Cantwell n’était pas un parfait inconnu avant Charlottesville. Animateur d’un podcast faisant la part belle aux néo-nazis, il n’hésitait pas à faire l’apologie de la violence et du racisme, ainsi que le précise son portrait compilé par le Southern Poverty Law Center, une organisation de défense des droits civiques qui analyse les mouvements extrémistes. En 2014 déjà, l’humoriste Stephen Colbert -aujourd’hui star d’une des émissions grand public les plus virulentes contre Donald Trump- avait repéré les agissements de Cantwell et deux de ses amis dans leur ville de Keene, dans le New Hampshire. À l’époque, le trio se filmait en train de harceler des agents chargés de contrôler le stationnement. L’objectif était alors de dénoncer l’emprise du gouvernement.

Je suis soit un héros, soit un terroriste, soit un pleurnichard.

Le 17 août dernier, sur son site, Cantwell a écrit chercher un avocat et qu’il comptait se rendre bientôt à la police de Virginie (état du Sud des États-Unis) : « Selon qui vous écoutez, je suis soit un héro, soit un terroriste, soit un pleurnichard, qui devrait vous dire quelque chose sur la fiabilité des médias. Mais en vrai, je suis juste un type qui veut sauver son pays du communisme, et qui est souvent terrifié de la résistance qu’il rencontre ». En terminant par « Quel groupe racial à part les blancs pourrait être traités de cette façon ? ». Et dans un podcast publié le 20 août où il explique s’être radicalisé il y a huit ans, il ajoute : « Demain, je suis plus que jamais certains de me retrouver derrière les barreaux pendant des décénnies. Donc j’espère que vous me pardonnerez si je suis un peu épuisé et trop émotif ».

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