En 2050, la résistance aux antibiotiques causera 10 millions de morts par an

L'antibiorésistance, une menace réelle | © Flickr @ Katrine Yang

Société

« Les antibiotiques, c’est pas automatique ». Un slogan percutant, qui n’empêche pas l’usage excessif ou à mauvais escient des antibiotiques. De quoi renforcer l’antibiorésistance, et mettre en place un futur préoccupant : d’ici à 2050, la résistance aux antibiotiques causera 10 millions de décès chaque année.

Des prévisions glaçantes, qu’il serait tentant de mettre sur le compte d’activistes prompt à gonfler les chiffres. Il n’en est rien : ces statistiques sont issues d’un rapport de l’économiste britannique Lord Jim O’Neill, Confrontation mondiale des infections résistantes aux médicaments. Dans celui-ci, il s’attache aux dangers de l’antibiorésistance, soit la résistance des bactéries aux antibiotiques. Une résistance causée par l’homme : en effet, c’est en utilisant les antibiotiques de manière excessive ou dans le mauvais contexte que les bactéries peuvent évoluer. Et les nouvelles souches, devenues insensibles à l’antibiotique, deviennent alors très difficiles à éradiquer.

Lire aussi > La vaccination face à une épidémie de théories du complot

L’efficacité des antibiotiques en chute libre

Le poids des mots, le choc des morts : si l’on est encore loin des 10 millions de décès actuels prédits à l’horizon 2050, l’antibiorésistance est toutefois déjà responsable de plus de 700 000 morts chaque année. En cause, une chaîne d’événements dangereuse : si les antibiotiques perdent en efficacité, des procédures telles qu’une opération de l’appendicite ou une césarienne ou encore des maladies bactériennes telles que la pneumonie redeviennent mortelles.

Prévenir plutôt que guérir

Face au danger, l’OMS a instauré une semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques. Parmi les conseils prodigués, ne prendre des antibiotiques que s’ils ont été prescrits par un médecin, poursuivre le traitement jusqu’au bout même s’il fait rapidement effet, ne jamais utiliser les antibiotiques restant d’un traitement précédent, et surtout, ne pas partager ses antibiotiques avec ses proches, même s’ils souffrent de la même maladie.

Traitements alternatifs

Pour Lord O’Neill, la solution à l’antibiorésistance se trouve aussi dans le développement de traitements alternatifs. Parmi les pistes qu’il propose, le maire en place de larges campagnes de vaccination, les vaccins permettant de réduire l’incidence des maladies bactériennes, et donc, la consommation d’antibiotiques. Autre conseil de l’économiste : soutenir la recherche visant à développer de nouvelles familles d’antibiotiques. Problème : les études axées sur l’identification de nouvelles molécules étant peu rentables, rares sont les chercheurs à travailler sur le sujet.

CIM Internet