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À Rome, les chats sont des citoyens à part entière

Un chat dans les ruines du Colisée. | © Flickr/Sara

Société

À Rome, on ne peut pas être plus heureux qu’un chat : les félins sont l’un des patrimoines de la ville italienne – et ses vrais rois.

Surplombant la bien-nommée « Via della Gatta », un félin de pierre surveille pour l’éternité cette petite rue non loin de l’ancien « Champs de Mars de Rome ». Jamais détrôné de son muret, le monument est un symbole autant qu’une preuve : à Rome, et ce depuis bien longtemps, les chats sont rois. Ou du moins des citoyens à part entière, élevés au patrimoine de la ville antique.

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La statue de chatte est l’un des vestiges d’un temple qui se dressait auparavant là et entièrement dédié à la déesse Isis, raconte Arte dans un reportage sur les matous romains. Comme les Égyptiens, les Italiens ont toujours admirés les félins, « symboles d’indépendance et de liberté« . Mais plutôt que des animaux sacrés, les Romains les préféraient de compagnie, jamais très loin du braséro familial. On en retrouve des traces dès le 8ème siècle avant notre ère. Ils s’appelaient alors invariablement « Felix » : « heureux » en latin.

©Flickr/hl_101

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29 siècles plus tard, en 2001, les chats de Rome sont entrés officiellement au « patrimoine bioculturel de la ville ». On les trouve partout : près du célèbre Colisée, dans tous les recoins du site historique du Largo di Torre Argentina et au pied des tombes du sublime cimetière laïc. Filant entre les jambes des visiteurs, ils font office de touristes paresseux : ils sont ici chez eux. Nourrie par les « Gattani », leurs protecteurs humains, la population de chats romains a grandi jusqu’à 400 colonies félines officielles. Rome est ainsi un impressionnant royaume de félins, qu’il ne s’agirait pas de traiter de « sacs à puces » : on ne vous le pardonnerait pas.

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