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C’est entre 40 et 50 ans que l’on serait le moins heureux

Matt Leblanc (Joey Tribbiani de "Friends") en 2014, alors âgé de 46 ans. | © Capture d'écran YouTube @BBC America

Société

Entre la naissance et la mort, il y a « le milieu », et ce milieu, eh bien ce ne serait pas la période la plus glorieuse de notre vie. C’est en tout cas le résultat de plusieurs études qui démontrent qu’entre 40 et 50 ans, on serait le moins satisfait de notre vie.

 

Dans une étude récemment publiée par David G. Banchflower du Darmouth College (Université privée du nord-est des États-Unis) et Andrew Oswald de l’Université britannique de Warwick, on y apprend que 40 ans serait l’âge moyen où on serait le plus malheureux. Pour arriver à ce constat, les deux économistes ont analysé sept ensembles de données récentes couvrant 51 pays et 1,3 million de personnes échantillonnées au hasard. Ils se sont interéssés sur le bien-être psychologique entre 20 et 90 ans.

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En règle générale, à partir de 40 ans et jusqu’au début de la cinquantaine, on serait donc de moins en moins satisfaits de notre vie quand on fait le bilan. Mais à la fin des 50 ans et jusqu’à nos 70 ans, on le serait de plus en plus. Une satisfaction qui retombe cependant à nouveau comme un soufflé dès les 80 ans atteints.

Une corrélation entre l’âge et le bonheur

Pour les deux chercheurs, pour considérer l’impact de l’âge sur le bonheur, il leur fallait répondre à ces deux questions : sans tenir compte des revenus ou du statut matrimonial, est-ce qu’on est plus heureux dans la cinquantaine que dans la quarantaine ? ; est-ce qu’une personne de 50 ans est plus heureuse qu’une personne de 40 ans qui a le même revenu, le même statut matrimonial et le même nombre d’enfants ?

En résulte cette série de graphiques :

La tendance générale qui s’en dégage, selon les pays et les années, est un « U » : notre bonheur baisse d’année en année jusqu’à nos 40 ans, et dès qu’on atteint les 50 ans, il repart en flèche progressivement. Un « U » auquel les chercheurs déclarent n’avoir aucune explication scientifique

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Plus on vieillit, plus on est heureux ?

Mais elle pourrait cependant en avoir une psychologique. Comme le rappelle le site Quartz, en 2010 déjà, la professeure de psychologie de l’Université de Stanford Laura Carstensen expliquait à The Economist sa théorie sur l’augmentation tardive du bonheur. En résumé, les personnes âgées sont plus heureuses car la mort approchant, elles vivent plus l’instant présent, et prennent des décisions moins « difficiles ».

En 2016, une autre étude relayée par The Guardian et réalisée par l’Office for National Statistics (Bureau de la Statistique Nationale au Royaume-Uni) révélait qu’entre 40 et 59 ans, les gens étaient moins heureux et plus anxieux. 300 000 personnes avaient été interrogées entre 2012 et 2015. Les pressions exercées sur le soin des enfants et les parents vieillissants pourraient avoir un impact majeur sur ce groupe d’âge : « Bien que nous soyons confrontés à des événements difficiles tout au long de notre vie, les choses peuvent être particulièrement plus difficiles pour les personnes entre 40 et 60 ans. Ils doivent jongler entre plusieurs responsabilités : prendre soin des membres de la famille plus âgés, s’occuper de leurs enfants, ou encore faire face à des perturbations familiales comme le deuil ou le divorce » expliquait alors Rachel Boyd, responsable de Mind, une organisation caritative dédiée à la santé mentale.

« C’est aussi une étape dans la vie où les pressions liées à l’emploi ou aux finances, comme les remboursements hypothécaires, peuvent atteindre des sommets. Le fait d’espérer qu’on est arrivé au plus haut de notre profession, tout en faisant face à un marché du travail incertain, pourrait également avoir un impact » ajoute-t-elle. Il faudrait attendre 65 ans pour retrouver une vie plus satisfaisante car : « on a plus de temps pour soi », pour faire des activités fun, pour s’occuper plus de soi et moins des autres. Et c’est entre 70 et 79 ans que l’on serait le plus heureux.

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