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En Afrique, l’alcool en sachet fait des ravages dans les écoles

En Côte d'Ivoire, la vente d'alcool en sachet a été interdite en novembre 2016. | © AFP PHOTO (FILM) / AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO

Société

De plus en plus de pays africains interdisent la commercialisation de ces sachets d’alcool, prisés par les jeunes notamment dans les cours de récréation…

Après le Sénégal, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Rwanda et le Malawi, la Tanzanie interdisait elle aussi en mars dernier la vente d’alcool en sachet. Une décision qui intervient à l’heure où le fléau – d’une tendance vieille de plusieurs années – continue de sévir sur le Continent Noir.

Ivresse bon marché

Surnommé « le whisky du pauvre », l’alcool en sachet connaît depuis plusieurs mois un succès fulgurant auprès des jeunes. Vendus à petite dose, ces berlingos contenant du gin, du rhum ou encore de la vodka, pourraient paraître inoffensifs. Seulement voilà : les pochettes sont chimiquement fabriquées et de façon frauduleuse, offrant une qualité qui laisse à désirer.

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En effet, les fabricants ne respecteraient pas les normes de dosage. « Ce n’est pas de bons alcools parce que ce ne sont pas des alcools qui sont fabriqués dans de bonnes conditions. Quand vous buvez ça, ça vous saoule direct, ça détruit la santé », rapportait RFI en novembre dernier.

Briquettes d’alcool dans les écoles

Vendu quelques centimes d’euros, le produit était initialement conçu pour permettre aux plus démunis de la population de pouvoir se procurer de l’alcool et atteindre rapidement l’ivresse. Depuis, tant dans les grandes villes que dans l’arrière pays, on s’arrache les sachets sur les étals des marchés. Sans surprise, les produits ont rapidement attisé la curiosité des jeunes. D’abord réservé à une clientèle adulte, l’alcool en sachet est ainsi devenu accessible aux jeunes écoliers et même aux mineurs.

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Aussitôt, les gouvernements ont déclaré la guerre aux trafiquants se frottant déjà les mains d’un business juteux. Dans un souci de santé publique et afin de rassurer les parents d’élèves et les enseignants, plusieurs gouvernements ont annoncé l’interdiction de la production, l’importation et la commercialisation de ces petits sachets. « Facilement dissimulables dans des poches de pantalons ou des sacs d’écoliers, ils entrent facilement dans les salles de classe. Dans certains établissements scolaires, on peut ainsi voir des jeunes élèves sucer, entre deux cours, des sachets de 50 millilitres », rapporte l’AFP dans les colonnes de Geopolis.

Pour la Tanzanie, dernier pays à avoir banni le produit, il s’agit de protéger la santé des jeunes, mais aussi celle de l’environnement. « En effet, quand ils sont vidés de leur contenu, ces sachets sont jetés sur la route, dans les égouts ou sur les terrains vagues », peut-on lire encore dans Geopolis.

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