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La Corée du Nord a-t-elle vraiment la bombe H ?

L'agence AFP précise qu'elle ne peut authentifier réellement la photo de Kim Jon-un inspectant une bombe H. | © AFP PHOTO / KCNA VIA KNS / STR

Société

La Corée du Nord aurait testé dimanche une bombe à hydrogène, selon les médias nationaux. Si l’on a bien enregistré une grave secousse au Japon, les experts ne sont pas certains qu’il s’agisse d’une bombe H.

C’est une présentatrice de la télévision centrale coréenne qui semble mettre fin au doute, quelques heures après que le Japon ait enregistré une « explosion » de magnitude 6,3 près du principal site de tests nord-coréen : « le test de la bombe à hydrogène était une réussite parfaite », lâche-t-elle.

« Nous confirmons au nom du gouvernement que la Corée du Nord a effectué un essai nucléaire », a déclaré à des journalistes le ministre japonais des Affaires étrangères japonais, Taro Kono. Dans un communiqué, l’état-major sud-coréen a indiqué que la secousse sismique avait été détectée en milieu de journée près du site d’essais nucléaires de Punggye-ri.

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L’institut géologique américain USGS a précisé que la magnitude de cette secousse était de 6,3, soit une magnitude bien plus forte que celle recensée lors des tests antérieurs. « C’est une explosion plutôt qu’un séisme », a déclaré à l’AFP Jana Pursely, chercheuse à l’USGS. « Cet événement peu profond ressemble à une explosion ». Une secousse d’une magnitude 4,6 due à « un affaissement » a par ailleurs secoué la Corée du Nord moins de dix minutes après la première secousse, a indiqué le Centre chinois de surveillance sismologique. Les précédents essais nucléaires nord-coréens avaient tous entraîné des secousses telluriques détectées par les agences géologiques étrangères.

Menace ou propagande ?

Quelques heures auparavant, les médias officiels nord-coréens avaient assuré que Pyongyang avait mis au point une bombe à hydrogène pouvant être montée sur son nouveau missile balistique intercontinental (ICBM). D’après l’agence KCNA, M. Kim a déclaré que « tous les composants de cette bombe H ont été fabriqués à 100% nationalement ». L’engin est « une bombe thermonucléaire d’une très grande puissance fabriquée par nos efforts et notre technologie », a-t-il dit d’après l’agence.

©AFP PHOTO / KIM Won-Jin – Pyongyang, 30 août 2017 : des soldats nord-coréens applaudissent le missile test du 29 août.

Des analystes étrangers ont émis ces derniers mois des doutes sur la capacité de la Corée du Nord à fabriquer une bombe H (bombe à hydrogène ou thermonucléaire) et à la miniaturiser suffisamment pour pouvoir l’installer sur un missile. Des photographies montrent M. Kim vêtu de noir en train d’examiner une enveloppe métallique comportant deux protubérances.

La Corée du Nord a accru les tensions internationales en juillet en procédant à deux essais réussis d’un missile balistique intercontinental ou ICBM, le Hwasong-14. Ce développement semble mettre une grande partie du territoire continental des Etats-Unis à la portée d’une éventuelle frappe nord-coréenne.

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Par ailleurs, après son quatrième essai nucléaire, effectué en janvier 2016, Pyongyang a affirmé que l’engin qui avait explosé était une bombe H miniaturisée. La bombe à hydrogène ou bombe H est beaucoup plus puissante que la bombe atomique ou bombe A. Mais des scientifiques ont alors déclaré que la puissance détectée de l’explosion, équivalant à une charge de six kilotonnes, était bien trop faible pour qu’il se soit réellement agi d’une bombe H.

©AFP PHOTO / KIM Won-Jin – Un écran montre le missile test du 29 août, qui a survolé le Japon.

Lorsque la Corée du Nord a procédé à sa cinquième explosion nucléaire, en septembre 2016, elle n’a pas déclaré qu’il s’agissait d’une bombe H. Dans son annonce de dimanche, l’agence officielle a déclaré que la Corée du Nord « a amélioré encore davantage ses capacités techniques », et cela sur la base de progrès « effectués lors du premier test de bombe H ». M. Kim « a fixé des tâches qui doivent être effectuées dans la recherche sur les armes nucléaires », a ajouté KCNA. Si la Corée du Nord était effectivement capable de monter une tête nucléaire sur un missile, cela accroîtrait considérablement les inquiétudes internationales face aux menaces de frappes qu’émet régulièrement Pyongyang.

Le Japon et les États-Unis se serrent les coudes

Les dirigeants japonais et américain ont eu un entretien téléphonique dimanche à l’issue duquel ils se sont accordés à accentuer la pression sur le régime isolé pour l’inciter à changer ses politiques. « Nous sommes tout à fait d’accord que nous devons pleinement nous coordonner ensemble, avec la Corée du Sud et étroitement avec la communauté internationale, pour accentuer la pression sur la Corée du Nord afin que le régime change ses politiques », a commenté le premier ministre japonais pour la presse convoquée à sa résidence.

La Maison Blanche a confirmé l’entretien mais n’a pas révélé de détail sur la conversation. Il s’agit du troisième entretien entre les deux dirigeants depuis le lancement mardi par la Corée du Nord d’un missile balistique qui a survolé le Japon.

Avec Belga

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