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En août, les inondations en Afrique ont tué 30 fois plus de personnes que l’ouragan Harvey

Le 14 août 2017, la capitale Freetown de Sierra Leone est frappée par d'importantes crues. | © BELGA/AFP PHOTO/Mohamed Saidu BAH

Société

Si on parle depuis plusieurs jours des inondations aux Texas, on parle en revanche beaucoup moins de toutes celles qui ont frappé l’Afrique. Alors que pourtant, le nombre de victimes y est environ 30 fois plus important.

 

Si tout comme l’Asie du Sud, l’Afrique est habitué aux saisons des pluies, il ne l’était cependant pas à des pluies si violentes. Tellement qu’elles ont entraîné des inondations sans précédent sur une bonne partie du continent avec un lourd bilan humain : 1 240 personnes ont ainsi perdu la vie en aôut. Pourtant, cela a été éclipsé pour la tempête Harvey qui a frappé le Texas aux États-Unis et qui serait la neuvième catastrophe naturelle la plus chère depuis 1900, et dont les pluies torrentielles ont causé la mort d’au moins 40 personnes.

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L’Afrique a encore été moins épargnée par les inondations, et surtout a bénéficié de beaucoup moins d’aides financières et humaines pour faire face à une telle catastrophe naturelle, dont les conséquences ont été amplifiées par des années et des années de système de drainage mal planifiés et de mauvaises habitudes d’élimination des déchets comme l’explique le site Quartz qui dresse le bilan pays par pays.

Freetown le 15 août 2017. –© IMAGO

Freetown, Sierra Leone

En août, la capitale de Sierra Leone a connu l’un de ses pires sinistres naturels. Un important déversement de boue a détruit les maisons et en a englouti d’autres. « Les corps de 441 personnes ont été enterrés. Le nombre de disparus est toujours en cours d’évaluation », a déclaré à l’AFP le vice-ministre de l’Information et de la Communication, Cornelius Deveaux. Un nombre de disparus qui oscillerait entre 600 et 1000. Le président de la Sierra Leone, Ernest Bai Koroma, a qualifié le glissement de la boue le plus meurtrier et a appelé à un « soutien urgent ».

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Un glissement qui survient seulement trois ans après le virus Ebola qui a tué près de 4 000 personnes. Près de la moitié des foyers de Freetown sont définis comme des bidonvilles et sont frappés de plein fouet par les inondations. Plusieurs gouvernements étrangers (Israël, la Grande-Bretagne) et l’Union européenne ont promis leur aide à la Sierra Leone.

Niamey, Niger

La semaine dernière, des milliers de personnes à Niamey, capitale du Niger, ont été invitées à évacuer leurs maisons suite à de graves inondations. Des centaines de maisons ont été détruites, obligeant les résidents à se réfugier dans les écoles locales. Depuis juin, le bilan s’élève à 40 morts. « Actuellement nous avons plus de 500 familles qui sont sans abris. Nous les avons mises sur la route nationale en attendant. Nous avons des écoles mais les écoles ne peuvent pas contenir tout ce monde. Et même si nous les mettons dans ces écoles, le 15 septembre, l’école nigérienne va commencer à fonctionner. Donc nous sommes confrontés à d’énormes problèmes » témoigne le chef du village Gaba Goura, Hadamou Souley, à RFI Afrique. Afin de faire face à la crise, le maire du village a lancé un appel aux autorités et aux ONG : « Nous envoyons donc des messages à qui de droit pour nous assister le plus rapide ».

Suite aux pluies diluviennes, les habitants de Niamey récupèrent les débris de leurs maisons. © AFP PHOTO/BOUREIMA HAMA

Benue, Nigeria

Samuel Ortom, le gouverneur de Benue, tire la sonnette d’alarme. Dans l’État de l’est du Nigeria situé sur la rivière Bénoué, c’est plus de 110 000 personnes qui ont été déplacées suite aux pluies diluviennes. Des milliers de maisons ont été touchées, ainsi que les marchés locaux et les bureaux du gouvernement rapportent les services d’urgence de l’Etat. Mais l’aide gouvernementale peine à arriver même si le Benue est habitué de ses crues qui se produisent chaque année. Collins Uma, un écrivain basé à Benue, affirme que la plupart des efforts de secours mis à disposition jusqu’ici sont à la hauteur des « efforts des individus et des groupes, et non du gouvernement ».

 

Ituri, République démocratique du Congo

Selon les dernières estimations, entre 150 et 250 personnes seraient mortes après un glissement de terrain survenu le 16 août dans le village de pêcheurs de Tara de la province de l’Ituri, au Congo, à la mi-août. Pacifique Keta, le vice-gouverneur de la province a indiqué à l’AFP avoir « décidé de suspendre les recherches pour privilégier la désinfection » sur les lieux du drame, craignant « la propagation des maladies à plusieurs autres villages de pêcheurs installés le long de la rive du lac Albert ».

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Comme le rapporte La Libre Afrique, le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha) a dénoncé le « retard coupable du gouvernement », affirmant que « certaines personnes parmi les disparues auraient pu être sauvées si l’intervention du gouvernement était rapide ». « Il est inadmissible que nous ayons perdu 200 Congolais et qu’aucune autorité ne se soit présentée sur le terrain », a déclaré Vital Kamerhe, président du troisième parti d’opposition, l’Union pour la nation congolaise (UNC). Aussi, les opérations de sauvage sont rendues difficiles étant donné le profil montagneux de la région et les mauvaises conditions météorologiques persistantes.

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