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Ces champions de jeux vidéo qui font hurler les foules

Hans Sama, de l'équipe des Misfits. | © AFP PHOTO / CHRISTOPHE SIMON

Société

League of Legends, Call of Duty… Si on a encore du mal à considérer ces jeux comme du sport, ils font se déplacer les foules et peuvent être extrêmement lucratifs pour les joueurs.

D’après des articles de Camille Hazard pour Paris Match France.

Leurs noms sont aussi obscurs que le jeu auquel ils s’adonnent, du moins pour le commun des mortels, ce qui n’a pas empêché 17 000 personnes de se rendre à la finale parisienne des « LCS », la première division européenne de « League of Legends », l’un des jeux vidéo les plus joués de tous les temps. L’équipe des Misfits affrontait ce dimanche soir les cryptiques G2 eSports. Ces derniers, triple tenants du titre et emmenés par un Mithy de gala, ont conservé leur titre de champion d’Europe aux dépens de l’équipe Misfits, battue 3-0.

©AFP PHOTO / CHRISTOPHE SIMON – À Paris, le 3 septembre 2017, à l’occasion de la finale de la compétition de « League of Legends ».

Comme la veille, pour la petite finale qui a eu lieu sous les yeux de 7 000 spectateurs, l’ambiance était survoltée. Les joueurs ont été accueillis sur scène comme des héros, les commentateurs ont hurlé leurs exploits. Le public lançait des cris de guerre à chaque coup d’éclat, diffusé sur quatre écrans géants.

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« C’est le plus grand évènement e-sport (ou sport électronique) jamais organisé en France et probablement même en Europe », se félicitait samedi, auprès de l’AFP, Guillaume Rambourg, directeur en France de Riot Games, le développeur du jeu. « La France est un marché très important pour nous, expliquait-il la veille de l’évènement. Le nombre de joueurs n’est pas nécessairement plus important que dans les autres pays européens mais ils sont beaucoup plus intéressés proportionnellement par le e-Sport ».

©AFP PHOTO / CHRISTOPHE SIMON

Même s’il ne constitue pas une activité physique, le sport électronique est considéré comme tel, car la pratique intense imposée par certains jeux comme League of Legends nécessite un entraînement soutenu. De plus, des joueurs peuvent effectuer jusqu’à 300 actions par minute sur leurs claviers ou manettes. « League of Legends » revendique plus de 100 millions de joueurs chaque mois et réunit des équipes de cinq sportifs du virtuel, accompagnés d’un entraîneur. Ce week-end de finales a également été suivi sur internet en direct par des millions de fans (43 millions avaient assisté à la finale du championnat du monde 2016).

Les dessous lucratifs d’une passion de « geeks »

Comme dans un sport traditionnel, les jeux vidéo peuvent être régi par des saisons et de compétitions annexes, qui ont lieu au cours de conventions « où l’on peut gagner de l’argent », explique Fabien Devide, alias « Néo », manager de Vitality, une équipe française de joueurs professionnels qui évolue sur le jeu vidéo Call of Duty. Outre ces gains, les compétiteurs sont financés grâce des « partenaires » – comprendez, des sponsors. « En plus, nous fabriquons du contenu publicitaire et entreprenons des opérations spéciales avec des éditeurs et développeurs pour financer directement les joueurs. Bientôt, nous allons proposer des produits dérivés comme des maillots et goodies, très demandés par les fans », décrypte le guide de Vitaly. Tout comme au football par exemple, en somme.

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©AFP PHOTO / CHRISTOPHE SIMON – Hans Sama (Misfits), en entrant sur scène pour la finale de la compétition.

Fabien Devide donne davantage de détails quant au salaire des joueurs : « Plusieurs facteurs justifient le salaire d’un joueur, comme son profil, la durée de son contrat, sa médiatisation, sa capacité à être performant etc. Selon ces critères, il peut aller de 1 000 à 12 000 euros pour des gamers professionnels de Call of Duty. Mais chaque jeu est différent. Sur League of Legends, qui est plus médiatisé, ces chiffres sont décuplés ». Et tout comme au jeu de balle, « Sur League of Legends de Riot, qui est une ligue très structurée et ancienne, il y a des périodes précises de transferts de joueurs, avec des durées de contrats, des clauses etc ».

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