Paris Match Belgique

Une comédienne « fait virer » Philippe Close pour la cause des migrants

Le parc Maximilien en octobre 2015, quand la mobilisation des citoyens était à son maximum. | © BELGA PHOTO LAURIE DIEFFEMBACQ

Société

Une Bruxelloise, indignée par les conditions de vie des migrants du parc Maximilien et les contrôles de police, a décidé de licencier le bourgmestre de la ville. Elle invite ses concitoyens à faire de même.

 

« Le début de la désobéissance, c’est maintenant », titre le long post Facebook de Christelle Delbrouck. S’il ne s’agit que d’une publication en ligne, sa colère, elle l’a glanée sur le terrain. Citoyenne engagée – doublée d’une comédienne de théâtre qui s’illustre également parfois dans de petits rôles au cinéma -, elle rend régulièrement visite aux migrants du parc Maximilien qui s’y sont à nouveau installés – le plus souvent dans des conditions désastreuses.

Si en 2015 la mobilisation citoyenne semblait atteindre des sommets, avec de très nombreux bénévoles soutenant les demandeurs d’asile sur place, octobre signait la fin d’une utopie de passage : le camp était évacué par la Plateforme citoyenne elle-même, qui refusait de « se substituer à l’État belge qui a une série d’obligations envers les demandeurs d’asile selon la législation européenne et internationale » plus longtemps, à en croire le comité Refugees welcome. Cela n’empêche Christelle Delbrouck de passer régulièrement prendre des nouvelles des nouveaux arrivants. Mais depuis plusieurs mois, le parc d’accueil est régulièrement soumis aux fouilles et aux ordres d’évacuation de la police. Ce 5 septembre, c’est à la demande du ministre de l’Emploi Kris Peeters (CD&V) que l’inspection du travail s’est rendue sur place, afin de traquer les « employeurs malhonnêtes » qui y recrutent des migrants. Pour la comédienne, ce n’était ni plus ni moins qu’une « rafle ».

L’enfer et la déshumanisation ne sont pas à nos portes. Ils sont déjà rentrés.

Comme souvent ces derniers temps, elle s’indigne sur sa page : « Je suis, comme beaucoup, désarçonnée par cette cruauté, ce mépris évident de l’espèce humaine et les exactions qu’effectuent tous les jours nos politiciens ». Refusant de rester indifférente et encore moins passive face aux évènements, elle a lancé un appel à ses contacts : « Ne sachant que faire, j’ai commencé par envoyer des lettres de licenciement. Nous sommes les citoyens. Donc, nous sommes leurs employeurs. Et les fautes graves s’accumulent ».

Après avoir multiplié les appels, Christelle Delbrouck invite désormais d’autres citoyens à envoyer ces « lettres de licenciement » aux politiques, dont le nouveau bourgmestre de Bruxelles Philippe Close (PS). « En tant que personne sensée, éduquée à la citoyenneté et à toutes les valeurs que votre parti dit partager et surtout en tant que membre de la communauté démocratique qui vous emploie, je vous licencie », lâche la missive tout de go.

Le texte détaille ensuite les motifs de ce licenciement argumenté : « non-assistance à personne en danger », « atteinte au bon fonctionnement d’une société saine », ou encore « atteinte à la dignité humaine ». Pour l’instant, les courriers sont restés lettres mortes.

©DR – La lettre-type de Christelle Delbrouck.
CIM Internet