Affamés, des Vénézueliens se nourrissent d’animaux dérobés dans des zoos

Affamés, des Vénézueliens se nourrissent d’animaux dérobés dans des zoos

Un tapir a récemment été dépecé dans le zoo de Zulia, au nord-ouest du Venezuela. | © Flickr : matthrono

Société

Face à la crise, certains habitants du Venezuela n’ont d’autre choix que de voler des animaux dans des zoos pour s’en nourrir.

En pleine crise depuis plusieurs mois, le Venezuela meurt de faim. Et pour pallier au manque de nourriture, certains décident de s’approvisionner dans les zoos du pays.

Du zoo à l’assiette

Récemment, les parcs animaliers sont devenus le nouveau garde-manger d’habitants affamés. Dans le zoo de Zulia, au nord-ouest du pays, certains animaux ont été dérobés pour être mangés, rapporte ce samedi 9 septembre l’AFP.

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Ce sont des restes de viscères ont attiré l’attention des visiteurs. Un tapir a récemment été dépecé dans ce parc de 84 hectares qui abrite quelque 500 spécimens de 76 espèces. « Il n’ont laissé que le foie sur la clôture et les viscères dans la mare », raconte un employé à l’AFP. En voie d’extinction, le mammifère dont la viande se rapproche de celle des bovins peut peser jusqu’à 200 kilos.

Photo d’illustration. Fiickr : Josh More

Une quarantaine d’animaux dérobés en deux mois

Et le tapir n’est pas le seul à avoir fini dans les assiettes. En quelques mois, deux buffles d’Asie, des cochons nains, des chèvres, des lapins, des paons bleus, des perroquets tropicaux ou encore des pintades de Numidie ont connu le même sort. « Ils ont été tués pour être mangés », assurent plusieurs salariés. Au total, entre juin et juillet, une quarantaine d’animaux ont été volés, tués ou découpés sur place, selon des sources du zoo.

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Des délits qui sont la conséquence de la crise économique que traverse le pays, selon Esmeralda Mujicala, présidente de l’Association des parcs zoologiques et aquatiques. Les vols s’expliquent par « l’instinct de survie d’un groupe social qui voit dans les zoos une opportunité pour trouver de la protéine animale », assure-t-elle.

Trafic d’espèces

Au Venezuela, un travailleur avec un revenu minimum de 250 000 bolivars – quelque 75 dollars au taux officiel – doit en dépenser 10% pour acheter un kilo de viande. Avec une inflation galopante, les salaires ne suffisent plus.

Il est faux de dire que des personnes affamées sont en train de voler pour manger.

Une situation que refusent de reconnaitre les autorités. Pour Elio Rios, président de l’établissement, ces vols ne sont pas à mettre sur le compte de la faim mais du trafic d’espèces. Plusieurs animaux ayant été récupérés en vie, « faisant office d’animaux domestiques dans des maisons », assure-t-il à l’AFP« C’est un délit mondial. » De même pour l »ex-président du zoo, Leonardo Nuñez, qui affirme qu’il s’agit d’une opération « pour discréditer le gouvernement ». Selon lui, une « bande de drogués échangent les animaux contre de la drogue. Il est faux de dire que des personnes affamées sont en train de voler pour manger. »

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Après ces vols d’animaux, mais aussi de matériel, la sécurité a néanmoins été renforcée en août par la police. Les autorités régionales, qui gèrent l’établissement, ont promis une plus grande vigilance, rapporte l’Agence.

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