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« On n’enferme pas un enfant. Point » : Plus de 100 associations s’unissent contre la construction d’un centre fermé pour familles

La détention d'enfants viole les droits de l'enfant. | © BELGA PHOTO ANTHONY DEHEZ

Société

Début 2018, un nouveau centre fermé pour des familles avec enfants mineurs, prévu par le gouvernement fédéral, verra le jour. Plus de cent associations dont UNICEF et la Plate-forme Mineurs en exil s’y opposent fermement pour la simple et bonne raison qu’« on n’enferme pas un enfant. Point ».

Plus de cent organisations tapent du poing. Depuis l’annonce d’un nouveau centre fermé pour familles avec enfants mineurs à Bruxelles, UNICEF, la Plate-forme Mineurs en exil, soutenus par les autres associations, demandent au gouvernement d’interrompre ce projet. Pour tirer la sonnette d’alarme, ils avaient même lancé une campagne nommée « On n’enferme pas un enfant. Point ». L’ouverture de ce centre, dont les travaux auraient commencé la semaine dernière, est prévue pour début 2018.

« Nous refusons que des enfants soient enfermés dans notre pays, uniquement en raison de leur statut migratoire ou celui de leurs parents ou tuteur. Nous voulons que tous les enfants soient traités comme des enfants, soient libres, soignés et protégés, et puissent jouir des mêmes droits », exigent les associations.

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« La place d’un enfant n’est jamais en centré fermé. Selon la Convention internationale relative aux droits de l’enfant, que notre pays a ratifiée, mais également selon la Constitution belge, il faut toujours prendre en compte l’intérêt supérieur de l’enfant dans toutes les décisions qui le concernent, rappelle Tine Vermeiren, coordinatrice de la Plate-forme Mineurs en exil. La détention d’enfants n’est jamais dans leur intérêt. L’impact néfaste de la détention sur la santé, le développement et le bien-être des enfants a été démontré à plusieurs reprises, même dans le cas où la détention est de très courte durée et se passe dans des conditions relativement humaines ».

Pour qui ?

Théo Francken a donné que très peu d’informations à propos de ce projet. Le 15 février 2017, le secrétaire d’État à l’Asile et la Migration précisait qu’il s’agirait de cinq habitations séparées, appelées des « unités familiales fermées ». Trois d’entre elles accueilleraient jusque six personnes, et deux jusque huit personnes. « À l’ouverture, il n’y aura pas d’espace de jeu pour les enfants, bien que ceci devrait être ajouté par la suite », ajoute la campagne.

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« Le but du nouveau centre fermé est, selon Théo Francken, de dissuader les familles qui risqueraient de s’échapper des maisons de retour », expliquent les associations. S’il précise que la durée d’enfermement sera « aussi courte que possible », elle est toujours en suspens. « Nous ignorons pour l’heure la durée maximale d’enfermement mais même un jour de détention est un jour de trop, car on n’enferme pas un enfant », insistent la Plate-forme Mineurs en exil et Unicef.

Critiques continuelles

Entre 2004 et 2008, plus de 2 000 enfants ont été détenus avec leurs parents dans des centres fermés en Belgique. Ces détentions ont mené à trois condamnations de la Belgique par la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH), pour l’enfermement de mineurs dans des circonstances inadaptées. Après ces condamnations et des critiques continuelles, la Belgique a cessé cette pratique mais la possibilité de détenir des enfants en famille a toutefois été inscrite dans une loi du 16 novembre 2011, qui précise que le centre fermé doit être adapté aux besoins des familles avec enfants.

(Avec Belga)

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