Paris Match Belgique

« Transmettez votre générosité » : Un Belge sur cinq serait prêt à ajouter une bonne cause dans son testament

(Photo d'illustration) | © Flickr @bournemouthbc

Société

En cette Journée internationale du testament, une enquête en ligne révèle que 20% des Belges de plus de 55 ans seraient prêts à léguer une partie de leur patrimoine à une œuvre caritative via leur testament. Car la générosite, cela peut se transmettre, même après la mort.

 

C’est au total 1 000 Belges âgés entre 35 et 55 ans et de plus de 55 ans qui ont été interrogés pour une enquête en ligne menée par Unicef Belgique à l’occasion de la Journée internationale du testament, ce mercredi 13 septembre. Les résultats montrent qu’un Belge de plus de 55 ans sur cinq est prêt à reprendre une œuvre caritative dans son testament. De plus, les personnes qui le font lèguent en moyenne près de la moitié de leur patrimoine. Patrice Macar, coordinateur francophone de l’asbl testament.be a lancé une campagne en 2008 pour inviter les gens aux legs en duo, qui consistent justement à léguer une partie de son patrimoine à une association ou une fondation, et permet ainsi aux légataires de payer moins de droits de succession : « À l’époque, de plus en plus d’associations voyaient diminuer leurs subventions de toutes parts et devaient trouver d’autres sources de revenus pour mener à bien leurs actions. Et comme cela se faisait déjà dans le monde anglo-saxon, nous avons décidé d’encourager les gens à léguer une partie de leurs biens aux bonnes causes ».

Neuf répondants sur dix dans l’enquête de l’Unicef ajoutent qu’il est « essentiel pour eux de pouvoir décider où et à quoi servira leur héritage ». Le bien-être animal, la recherche médicale, la lutte contre la pauvreté et l’aide aux enfants en difficulté font par ailleurs partie du top quatre des sondés. Un top légèrement différent pour testament.be, qui ne comprend certes pas l’Unicef mais 120 autres associations. Leur top 5 : Fondation contre le cancer, Animaux en péril, Alzheimer Belgique, Médecins Sans Frontières, Fonds de la recherche scientifique et Animal sans toi… T.

Lire aussi > Que reste-t-il de notre vie sur Internet une fois qu’on est mort ?

Les legs en faveur d’Unicef Belgique représentent 20% des revenus annuels de l’organisation, précise celle-ci dans un communiqué. Les dons moyens par testament en faveur d’Unicef Belgique sont environ de 75 000 euros, estime le porte-parole. « Ce ne sont pas seulement les personnes aisées qui lèguent une partie de leur héritage à une œuvre caritative », explique encore Michel Lorge, directeur de la récolte de fonds. « Nous souhaitons que les personnes sachent que chaque don est important et qu’il ne s’agit pas d’avoir une grande fortune pour faire la différence auprès des enfants ». Effectivement, comme le confirme Patrice Macar de Testament.be : « Il ne faut pas être millionnaire pour ajouter une bonne cause dans son testament. Au début de notre campagne, c’était plutôt les gens qui n’avaient pas d’enfants qui faisaient de legs. Maintenant, ce sont des gens qui ont des enfants mais qui choisissent de ne pas tout leur léguer ».

Même si les gens ne sont plus là, leur influence perdure.

Des gens de tous revenus, et souvent issus de cette « génération idéaliste » : « Les gens qui décèdent entre 2010 et 2020 sont des gens qui sont nés 70 à 80 ans plus tôt, et qui font partie de cette ‘génération idéaliste’. Des gens pour qui la générosité, le partage, l’altruisme étaient importants. Je ne dis pas que les jeunes ne pensent pas à ça. Mais en tout cas, les sociologues ont désigné ces gens du baby boom, d’idéalistes. Quand ils lèguent leurs biens, ils décident de favoriser leurs proches mais aussi des associations qu’ils estiment nécessaires pour que la société fonctionne mieux. Et cet argent qu’ils vont donner, les associations vont s’en servir pendant des années. Et même s’ils ne sont plus là, leur influence perdure. Ils sont là grâce à leur don, leur générosité ».

Lire aussi > Le Belge n’a jamais été aussi généreux qu’en 2016 (et donnera encore plus en 2017)

Résultat : « Les notaires, les juristes, les banquiers, les avocats spécialisés dans les droits de la famille… et le SPF finance se rendent compte que les revenus des legs chez les associations a été multiplié par cinq entre 2006 et 2016 » ajoute Patrice Macar. Quant à l’ONG Unicef, elle précise que ces dons ont permis l’an dernier à 800 000 enfants dans des situations d’urgence d’aller à l’école.


L’asbl testament.be organise à partir du 14 septembre des salons du testament en Belgique, présentés par Jacques Mercier (ancien de la RTBF) avec des conférences et des consultations de notaires gratuites. Tout le programme ici.

CIM Internet