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Interdite d’euthanasie, l’écrivaine Anne Bert a décidé de mourir en Belgique

Anne Bert avait fait appel, sans succès, aux candidats à la présidentielle française pour que la loi change | © copie d'écran Youtube

Société

Atteinte de la maladie de Charcot, Anne Bert explique dans son dernier roman “Le tout dernier été” son intention de venir mourir en Belgique. Le roman sortira quelques jours après sa mort programmée.


Alors que la maladie de Charcot la paralyse plus chaque jour, l’écrivaine française âgée de 59 ans  lance un dernier SOS à la France, qui lui refuse l’euthanasie. Dans son livre “Le tout dernier été”, la femme se dévoile, racontant la longue souffrance qui l’a amenée à se tourner vers la Belgique, dans un dernier espoir de salut. Elle blâme les “conservateurs qui affirment que la vie doit être vécue jusqu’au bout de l’enfer”. La maladie de Charcot, aussi appelée “sclérose latérale amyotrophique”, est incurable. Anne Bert, à qui l’on a diagnostiqué ce mal en octobre 2015, fait face à sa maladie, dans un dernier corps à corps littéraire. Tout en sachant qu’elle ne sera plus là pour la parution de son livre, le 4 octobre prochain.

Lettre ouverte d’Anne Bert aux candidats à la présidentielle

Si la France autorise depuis 2016 la “sédation profonde et continue”, qu’on peut apparenter à une sorte de coma, l’euthanasie active, qui provoque la mort du patient, reste interdite. Raison pour laquelle l’auteure a choisi de passer la frontière.
Dans une lettre adressée quelques mois plus tôt aux candidats à la présidentielle, elle écrit qu’elle considère que cette législation “répond plus aux préoccupations des médecins qu’aux droits des patients qui souhaitent ne pas aller au terme de leur maladie incurable ou accepter d’insupportables souffrances”

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Mourir loin des proches

Partir en Belgique, c’est s’éloigner de ce qui est connu pour pousser un dernier soupir dans un pays étranger. Un exil qu’elle regrette, puisqu’elle est forcée à “partir à un moment de notre vie où on est forcément vulnérable émotionnellement”.

Jean-Luc Romero, président de l’Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD), la soutient dans son dernier voyage. Militant pour la législation de l’euthanasie, il affirme que “c’est scandaleux qu’en France on doive aller à l’étranger pour mourir dans la dignité, comme à une époque où les femmes devaient fuir pour se faire avorter”. Selon lui, la décision d’Anne Bert peut faire en sorte que “beaucoup de gens se rendent compte à quel point aujourd’hui notre loi est absurde”.

Une loi “tout à fait équilibrée”

Présidente de la Société Française d’Accompagnement et de Soins Palliatifs (SFAP), le Dr Anne de la Tour juge, quant à elle, que la législation actuelle est “tout à fait équilibrée”.

Selon elle, il faudrait d’abord “la faire connaître et la mettre en application avant de dire qu’elle est limitée ou pas applicable”. Il y aussi la nécessité de donner “plus de moyens aux soins palliatifs”, afin que les patients y aient accès plus facilement, que les médecins soient mieux formés et les proches davantage soutenus.

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